dimanche 28 juin 2009

Papillon

Tu ne m'en croyais pas capable. Tu te foutais pas mal de moi jusqu'à ce que je sorte ma hache. Quand je l'ai abaissée dans un mouvement sec, quand elle a tranché ta clavicule, tu as crié.

-Qu'est-ce tu fais là?
-Je te tue. Ai-je conclu sur un ton calme qui m'étonne encore.

Puis, tu as laissé tomber ton cellulaire. J'ai soupiré avant de l'écraser. Tu secouais la tête, incrédule. Tu ne veux pas mourir, tu voudrais te réveiller de ce mauvais rêve. Tu ne te réveilleras plus jamais. Grâce à moi, tu n'affronteras plus jamais cette vie misérable.

Tu t'es assis et tu as regardé le sang couler. C'est vrai que c'était émouvant, je me suis arrêtée et j'ai contemplé moi aussi. La forme de la flaque rouge, autour de toi, rappelle celle d'un papillon si on incline légèrement la tête. Tu n'étais qu'une vulgaire larve. Regarde ce que j'ai fait de toi!

4 commentaires:

  1. Rarement j'ai lu un texte ou la violence se mêlent a la tendresse. Le vide entre la hache et le papillon est immense, mais tu as très bien su mêler ces deux extrêmes. J'aimerai être psychologue pour y trouver un sens mais j'aime mieux y voir ma propre perception. En chacun de nous se trouve le meilleur est le pire de l'être humain. Bonne nuit Canelle, a la prochaine.

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  2. @ Mistigri : Mais non. N'aie pas peur... ;)

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