jeudi 31 décembre 2015

Je pense que tu ne me reconnaîtrais pas.
Tous les vêtements sont trop grands pour moi.
Même ceux que j'achète parce que je ne comprends pas encore ce qui se passe.
Tu ne me reconnaitras pas.
Mais c'est avant que je voulais que tu me remarques.
C'est trop tard maintenant.
Je ne veux pas que tu me trouves belle, pas toi.
Je veux être invisible.
Je veux pas que tu me vois.
Et que tu souris en disant que j'ai l'air bien.
Je suis pas bien, tabarnak!
Je t'attends encore pour finir mon livre.
Je m'assois pour écrire pis je me souviens de toi.
Si j'écris, tu vas me reconnaitre. Tu vas me trouver belle.
Ce blog est pratique pour avoir de mes nouvelles sans me parler pis te crosser.
Faudrait ben que j'efface tout ça.
Ça te libererait, hein?!

dimanche 27 décembre 2015

Suzanne m'a demandé si je sais ce que je veux. J'ai dit non. Je sais pas encore. Quand je vais savoir, ça prendra pas de temps. J'ai toujours ce que je veux.

J'ai pas eu la job que je voulais. Ça arrive souvent parce que je veux toutes les jobs. Il y en aura d'autres.

Plein d'autres jobs et plein d'autres garçons aux mains douces et aux yeux de toutes les couleurs.
Je sais.
D'ici là, j'ai besoin de dormir un peu.

Pour une fois

Tu vas écouter ça. Tu vas penser à moi. Tu l'oublieras jamais.

samedi 26 décembre 2015

Ma chérie, si tes parents savaient, ils m'en voudraient à mort. M'accuseraient de te gaver de propagande pour te transformer en lesbienne qui déteste les hommes. Mais comme tes parents ne savent pas vraiment lire, ça va rester entre nous.

mercredi 23 décembre 2015

Je sais que je suis trop gentille pour accepter que tu me fasses de la peine gratuitement comme ça. J'ai failli t'engueuler, moi aussi. À la place j'ai rempli une demande d'aide financière aux études. Je te souhaite de te calmer. J'ai déjà été tellement exigeante et agressive envers les autres, moi aussi. Tu dois pas te sentir bien.

mardi 22 décembre 2015

Je vais avoir de la peine quand même. Y en a juste pas de solution. Je vais pleurer en prenant ton courriel si tu m'écris. Je vais pleurer parce que tu m'as oubliée si tu le fais pas. Depuis que je te connais, tu me fais pleurer. Penser à toi, ça me fait pleurer. Réaliser que tu mens. Quand tu me regardes, tu mens. T'as tellement peur de me faire du mal, mais tu fais rien que ça. Tu aurais dû, ne jamais m'aborder. J'essaie encore de comprendre ce qui t'a pris de m'approcher. Toi aussi, tu te le demandes, non? Tu t'es trompé. T'étais soûl. Je suis conne de même, moi, je mets des années à comprendre qu'un gars est juste soûl. De toutes façons, c'est-tu vraiment possible de s'intéresser à moi sans être complètement défoncé? Je suis pas la fille que tu pensais et t'es pas le gars que tu voudrais. T'es pas si hot que ça. T'es pas vraiment honnête, ni vraiment bon. Quand ça t'adonne pis que ça te coûte pas trop cher. Quand ça fit dans ton horaire. Le reste du temps t'es comme les autres. Paresseux intellectuellement, misogyne un peu, juste pour être cute.

Je sais qu'il faut que je comprenne que je suis juste un fucking faux numéro. Je ne suis qu'une mauvaise combinaison, composée par erreur. C'est difficile d'admettre ses fautes quand on est un mâle alpha, dominant, respecté et aimé. T'es pas si gentil que ça. Ça a quelque chose de triste et obligé, ta façon de sourire et de complimenter. T'es un peu perdu parce que tu sais pas être vrai. Vas-tu te l'avouer un jour que t'es pas vrai? T'as pas été vrai avec moi. Tu as projeté une espèce d'idéal de toi qui correspondait exactement à ce que tu croyais que je cherchais. Tu ne veux pas que je sache qui tu es. Tu ne me parles jamais que de moi. J'essaie en sacremment de comprendre qui je suis, en thérapie, en écrivant un livre où je t'aime trop. Comprendre pourquoi je pleure depuis que je te connais. Pourquoi t'es rentré dans ma vie juste pour me faire des byes byes de l'autre bord de la vitre? Pourquoi as-tu besoin de me rappeler nos vies parallèles. Et j'étire, je lâche rien, je me vautre, honteuse, dans ma peine d'amour dégoulinante.

Il n'y aura jamais de découverte, d'épiphanie, d'explication. Je ne saurai pas. Je vais trouver la paix en ne faisant pas attention à toi. Ce que tu penses, ce que tu vois, ce que tu ressens, ça ne m'implique pas. Arrêter de souhaiter que tu me ressembles et qu'on se rejoigne d'une manière ou d'une autre.

En attendant, je vais avoir de la peine quand même, mais au moins moi, je sais qui je suis et ce que je veux.


J'ai-tu vraiment envoyé ce courriel-là à 3 heures moi?


lundi 21 décembre 2015

On a rien compris

C'est à cause de Sandra si je dors pas. Ce qu'elle a dit, je ne peux en parler à personne. Sandra, elle est malade. Elle sait pas être gentille et elle a pas de filtre. Elle peut te regarder en pleine face et te dire qu'elle t'a toujours trouvé un peu laid mais qu'elle te trouve utile quand elle a pas de clopes. Elle peut te regarder dans les yeux et te dire la vérité même si toi t'as rien demandé. Sandra, ce qu'elle a dit, je ne peux pas lui répéter.

Sandra dit qu'on me comprend. On, je sais pas trop qui est inclus dans le on, ils sont combien à s'être consultés avant de déclarer qu'ils me comprennent. J'ai quand même une idée des noms de ceux qui sont impliqués. Sandra dit que souvent, plus personne ne le reconnaît, alors on me comprend.On comprend quoi?

J'ai comme un blanc. J'étais soûle et gelée, je venais de vomir. Je me souviens juste des mots "aventures extras conjugales".

Alors comme ça on étudie mon comportement et l'explique par l'état de santé de mon mari. On a du temps à perdre en sacrement.

Mais j'ai pas d'aventures extras conjugales, bonne Ste-Anne, j'utiliserai jamais cette expression-là pour décrire ma façon de vivre. Le terme aventure, c'est superficiel et tellement péjoratif. Comme si je faisais des collections. Je suis pas dans cet esprit-là pantoute.

Et puis pourquoi est-ce que sa condition mentale expliquerait mon comportement? J'ai pas le droit d'être libre indépendamment du fait qu'il ne soit plus le même?

On pense probablement que je reste par devoir. On me trouve ben bonne. Une estie de sainte.

Mais je l'aime. C'est juste ça. Je l'aime pareil comme quand j'avais seize ans. Je l'aime tellement que j'ai peur de mourir sans lui, même si je sais que je survivrais. Je l'aime même quand il gâche ma vie. Je l'aime quand il fait des niaiseries. Je l'aime même s'il perd sa job, qu'il fraude la compagnie d'assurance, me vole mes cartes et se fait arrêter. Je l'aime et si l'idée me prenait d'arrêter, ça serait sûrement pour m'éprendre de quelqu'un d'encore plus fucké et dangereux.

Y a personne d'autre avec qui je veux partager ce que je partage avec lui. J'ai bien fait de l'épouser lui, parce qu'avec un autre, ç'aurait été pénible. Mais lui, quand il me regarde.

On sait pas du tout comment nous vivons. Comment nous nous aimons. Comment nous communiquons. Comment je lui dis ce que je ne peux dire qu'à lui. Comment il m'aime comme un fou. Comme un fou qu'il est. Et même si on ne le reconnaît plus, moi je finis toujours par le retrouver.

samedi 19 décembre 2015

Noël Mauve, Offre d'emploi




 Aide-moi donc à tenir mes boules. 
Sont pesantes pis j'suis soûle.

J'ai mal au coeur et je mouille.

Le tartan et l'ombré mauve sont des vernis toxiques.
Enfonce tes doigts dans ma gorge pour m'aider  à vomir.

Après, vu que t'es un gars exceptionnel,
je vais te laisser me faire l'amour.

mercredi 16 décembre 2015

mardi 15 décembre 2015

Je suis trop belle pour toi, maintenant.
Toi, tu es resté le même
qui n'ose rien parce qu'on n'est pas du même monde.

J'espère que t'es heureux avec la fille qui te ressemble.
Celle qui pourrait être ta soeur.
Mais tu ne le resteras pas. 
Je suis pas méchante, je souhaite pas de malheur.
Mais tu ne seras pas heureux sans moi.
Tu vas t'arranger, mais je vais te manquer.
Je vais te manquer encore,
je vais te manquer toujours.
C'est ce que tu voulais.
Quelque chose de romantique.
Nous condamner, ça te permet de rêver.
L'impossible.
Faut être mal pris 
pour sacrifier une amie comme moi
juste parce que tu manques d'imagination.
Tu fais dure.

Je suis rendue trop hot pour toi.
T'as pas changé, tu portes le même linge,
tu lis les mêmes choses.
Et tu réfléchis si peu.

Je suis belle en christ.
Tu perds tes cheveux. 
Tes amis me cruisent, tu sais.










dimanche 13 décembre 2015

Cette gravité là,
je retrouve ça nulle part.
Juste avant et pendant
que je me fais sodomiser.

Le temps figé.
Le coeur affolé.

Mon cul est à toi.
Prends-le.

Rentre
tout doucement.

Attends.
Attends.

Dis-moi ce que tu vois?
Est-ce que je vais bien m'en sortir?
Es-tu presque tout rentré, là?
J'ai signé cette lettre parce que je crois qu'il faut écouter les personnes concernées. Parce que je pense, contrairement à bien des féministes abolitionnistes, que la prostitution est une résultante de nos systèmes capitalistes et patriarcaux et non une cause.

Parce que c'est pas toujours clair quand on est une pute. Où ça commence, où ça finit. Si j'ai jamais échangé d'argent, mais que j'ai souvent obtenus des avantages en échangeant du sexe, qu'est-ce que les abolos prévoient pour moi? Si j'ai épousé quelqu'un qui gagne 22% de plus que moi. Si j'ai pas besoin de faire l'épicerie parce qu'on me fourni un repas. Pas besoin de voiture, il me reconduit partout où je veux, ça me permet de garder de l'argent pour aller chez la coiffeuse. Si mon chum me supporte pendant mes études, veux-tu bien me dire pourquoi je suis pas une pute comme les autres, moi? Si c'est plus facile de rentrer dans l'industrie du sexe que dans la construction, c'est vraiment en faisant pression sur les clients que ça va changer?


J'ai donc fait une petite liste de ce qui, selon mon opinion et sans analyse scientifique, aurait plus d'impact dans le quotidien de toutes les femmes que de maintenir C-36.

  • Interdire les codes vestimentaires sexistes dans les écoles.
  • Imposer des quotas d'embauche aux entreprises de plus de 10 employés.
  • Réviser le système de congé parental pour encourager les pères à prendre un congé sans priver la mère.
  • Que les employeurs soient obligés d'accorder 4 jours de congés mobiles par année.
  • Que le code du travail interdise la distinction entre employé à temps plein et à temps partiel afin de permettre à tous les employés d'une même entreprise d'accéder aux avantages et bénéfices marginaux sans égard au nombre d'heures effectuées dans une semaine.
  • Fixer le prix des produits de première nécessité.
  • Enseigner la théorie des genres.
  • Que le logement et l'alimentation deviennent des droits. 
  • Que l'urbanisme soit au service des populations; éliminer les déserts alimentaires et culturels.
  • Recréer un système de garderie universel.
  • Investir massivement en éducation.
  • Que les produits d'hygiène pour femmes et le lait maternisé soient gratuits.

Et finalement, la grande solution magique à laquelle personne n'a encore pensé :
ÉLIMINER LA PAUVRETÉ ET LES INÉGALITÉS SOCIALES, CÂLISSE! 

En attendant j'aimerais qu'on me la démontre, l'efficacité de la loi. Combien de méchants clients et proxénètes arrêtés? Combien de vies sauvées? Peut-être que vos arguments des deux côtés c'est de la marde et que la légalisation ou la criminalisation n'ont pas d'impacts positifs sur la sécurité des filles. Peut-être que l'industrie du sexe c'est un peu comme le pétrole où n'importe quoi d'autre et tous les prétextes sont bons pour monter les prix et exploiter son prochain. Peut-être que c'est pas ça la question. Peut-être que c'est juste dégueulasse de m'empêcher de survivre de la façon que j'estime appropriée dans un milieu hostile où j'ai bien peu de chance de m'en sortir autrement. Peut-être.

Quand les femmes auront accès aux mêmes privilèges que les hommes, ce que ça va changer, c'est que lorsque le temps sera venu d'échanger des rapports sexuels, là on va pouvoir négocier d'égal à égal pour de vrai. En attendant, serveuse ou pute, on est toutes pimpées et exploitées. On tient à tracer une ligne et on marginalise celles qui sont les plus pauvres, on les appelles prostituées et on leur dit que leurs amis, leurs clients et tous ceux qui facilitent leur travail sont des criminels. Personne n'est pour la traite d'êtres humains. Personne ne veut qu'on force qui que ce soit à faire ce qu'il ne veut pas. Mais si tu as déjà accepté quelque chose d'un homme, un souper, un verre, un cadeau, un lift, comment peux-tu te considérer différemment des femmes que tu victimises? C'est pas une ou deux lois qui va changer ça. C'est tout un système qu'il faut mettre à terre.



jeudi 10 décembre 2015

job de rêve

Hier j'ai perdu ma job.
Mais vu que je collectionne les jobs de rêves, à l'autre bout de la ville, on me tend une coupe.

dimanche 6 décembre 2015

Fallait ben que ça arrive un jour

Le pusher qui me dit coudonc, on se voit souvent ces temps-ci...

Et ma mère qui dit que c'est parce que je suis une super star.

samedi 5 décembre 2015

Partout
où il y a les mots,
trébucher sur toi.

Entre nous
comme pas vraiment invité.
Les  mots sont tous devenus
synonymes de toi.
Ton image associée à l'acte même.
Je ne suis plus jamais
toute seule.

Difficile d'écrire
ou de s'en empêcher
parce que c'est comme
te retrouver.

T'en vouloir un peu quand même.
Que tu sois le coupable,
celui qui m'a guidée là.
Toi.

C'est bon d'imaginer
te manquer.
Tes yeux qui changent de couleur
quand tu penses à moi.
Quand tu attends que j'écrive
même si c'est juste un tout petit
mot.

Chercher l'équilibre,
juste vivre sans
ce misérable
besoin que tu me regardes.

Parce qu'il faut bien reconnaître
que toi,
tu m'as oubliée.

jeudi 3 décembre 2015

J'oublierai jamais Amélie, le brillant dans ses yeux, sa petite bouche, la main suspendue, les linguinis qui tombent de sa fourchette.

J'oublierai jamais Amélie, quand elle m'a fait promettre d'acheter ma maison sur le bord de l'eau, avec elle. 
Pince-moé les boules.
Fais-moé crier un peu.

lundi 30 novembre 2015

After Punk

-On fait l'après show dans ma chambre d'hôtel.
-C'est-tu le genre de chambre qu'il faut se déshabiller à porte?
-Oh oui, dis oui!
-On va la détruire ta chambre.
-Moi j'étendrais d'la polythène sur les murs et le plancher. Pour être sûr.

dimanche 29 novembre 2015

samedi 28 novembre 2015

-Tu me fais mal.

Tu as figé une seconde.

-Mais t'aimes ça.
-T'es gigantesque.
-Tu te laisses faire.
-J'ai dit que ça fait  mal.
-Laisse-moi finir.

J'ai pus rien dit,
j'ai crié et fait semblant
de pleurer
pour te faire jouir.

J'avais de la peine
même si ça m'excitait.

Toi,
ma douleur,
tu t'en foutais.
Mes larmes
vraies ou fausses,
elles te faisaient bander.
Le jeu,
c'était un prétexte pour
m'humilier dans le réel.

Je dis
tu me fais mal.
Tu réponds
laisse-moi finir.

Comment ça se fait que
je t'ai pas crevé les yeux?
Je suis vraiment
une bonne personne, hein.

Samedi matin

Elle appelle qui, Suzanne, quand elle a un flash pour une maison qui accueille des réfugiés?

Ça fait trois mois j'ai pas bu ça, un café. Laisse-moi en prendre un pis après je vais te construire la maison que tu veux.

jeudi 26 novembre 2015

Je suis restée un peu. J'ai traîné en rentrant. Me suis arrêtée et retournée plusieurs fois dans le parc. Je t'ai laissé tout le temps de me rattraper.

Tellement envie de toucher ton chandail de Pac Man. Te l'enlever.

Alors, c'est tout? Tu vas vraiment me laisser partir comme ça?

mercredi 25 novembre 2015


C'est la frénésie et je suis là assise à faire des chèques pendant que ça tourbillonne.

Demain, on change encore d'église. De nouveaux voisins, de nouveaux vitraux.

Ça m'énerve trop, y a à peu près juste Lou Reed qui peut me calmer. Ou toi, avec ton sourire pis ton coup de bassin magique, si tu voulais me passer dessus ce soir, ça me ferait juste du bien.

À cause de mon chapeau on a commencé la journée avec Boy Georges.
"Je l'savais ben que tu pouvais pas t'habiller sobrement, deux jours de suite!"
-K.

mardi 24 novembre 2015

C'est en sortant de la causerie sur comment écrire le féminisme en se disant que nous autres, hein, on n'est pas des bourges. Que non! On venait de se faire un high five parce que la Fée, elle aime ça quand je dis des affaires comme : Le mariage c'est de la prostitution avec moins de choix de clients; Oui, les hommes faut les éduquer, les déconstruire, les adresser, mais sûrement pas les impliquer! C'est juste après le high five que le bon Dieu m'a punie en me faisant une jambette invisible que même Chuck Norris aurait pas pu éviter. J'ai pas réussi à me reprendre et c'est dans cette chorégraphie quelque peu botchée, dont je suis la seule à maîtriser l'exécution, que j'ai plané et me suis retrouvée par terre. Deux fois. Quand j'ai essayé de me relever, j'ai glissé encore. J'ai, bien évidemment, montré mon cul à toute la rue Prince-Arthur en tentant de me relever avec toute la grâce dont je suis capable et retombant à quatre pattes, la jupe en l'air.

Le joint que j'étais en train de fumer, brisé en deux. Pas de papier pour le recoller.

Dans le métro, elle a dit qu'elle avait envie de béquer bobo. J'ai juste souri. Elle a rien fait. C'est de même, une FÉEministe, pour qu'elle le fasse, fallait je dise oui. J'étais trop énervée pour quoi que ce soit, j'en ai même perdu mon cellulaire.

Mais c'est pas grave. Un super beau jeune homme full nerd comme je les aime, l'a retrouvé et me l'a rendu dans un bar de geeks sur St-Denis.

C'était une belle soirée. Parfaite.

Ce qu'il a dit, quand je suis rentrée à la maison : "Si on faisait une action figure de toi, ça lui prendrait ces genoux-là."
Si j'applique sur cette job-là, si j'applique je vais l'avoir. Je pourrais m'acheter une tite maison colorée sur le bord de l'eau, garder l'appart à Montréal et y laisser le reste de ma vie. Revenir aux deux semaines ou au mois. Je pensais que je voulais une chambre juste à moi, mais c'est pas assez. Je veux une maison. Je veux de l'eau. Être seule. Je veux lui manquer. Qu'il prenne le temps et la mesure de la distance qui s'agrandit, parce que moi, je ne sais plus comment m'approcher. C'est pas la manière qui cloche. Je m'éloigne sans grande tristesse. J'ai tellement pleuré déjà. Ça ne me tente plus.

Cette fois, mon amour, c'est toi qui vas ramer, plonger, te mouiller ou je sais pas quoi. Cette fois, je vais pas me ramener toute seule. C'est à toi de voir. Si c'est encore moi que tu veux.

Ce soir je sors avec une fée

Sortir avec une amie tds, ça implique d'apprendre son nom juste avant de sortir.

"Appelle-moi Corine."
"Ce soir je suis Marie-Jeanne."
"Oublie pas, moi c'est Annie."
-Là moi je pense que je vais devenir lesbienne ça va être ben moins compliqué.
-Franchement, t'es plus intelligente que ça! Tsé, moi j'vais devenir hétéro, ça va être moins compliqué...
-On devrait coucher ensemble, ça réglerait tous nos problèmes.
-J'aime pas ça coucher avec des filles.
-Pis moi j'aime pus les hommes, sont pas gentils. J'te l'dis je veux être lesbienne. J'ai le droit de faire des choix pour moi. Pour une fois que je m'écouterais.

lundi 23 novembre 2015

Pour me faire une surprise, avec Sam, il avait changé la chambre de bord. Je voulais une nouvelle chambre, une nouvelle vie.

J'aimais pas ce que ça faisait, je trouvais la chambre plus petite et je suffoquais, littéralement. Lui restait là avec l'air du gars qui sait pus comment me faire plaisir. Mais pauvre imbécile, tu peux pas me quitter et me faire plaisir en même temps.

Des fois je me dis que j'aurais dû rien dire, j'aurais dû laisser ça de même. M'organiser avec mes troubles. Sam est parti parce que c'était évident qu'il fallait qu'on parle.

Je trouvais que c'était beaucoup plus facile pour lui, recommencer. Moi je vais me réveiller seule dans le même lit qu'on a reviré de bord. Me réveiller dans la même vie en ruine.

Il avait pris ma main et j'ai vraiment lutté contre moi pour pas le frapper. C'est drète ça qui me fuckait ben raide, les petits gestes automatiques. Tu m'aimes pus, décâlisse donc. Arrête de me consoler pis de faire mon ménage!

-J'ai encore tellement besoin de toi... Il faut que tu t'en ailles. Je me débrouillerai jamais sinon.

Il a remis la chambre comme avant et on a fait l'amour encore.

samedi 21 novembre 2015

Pour l'amour du ciel

Fais-moi venir
pour l'amour du ciel
je n'en peux plus.

C'est une nouvelle coupe.
Je la trouve un peu plus raide.
Je l'ai installée et ça s'est mis à chatouiller.
J'ai passé la journée à me dandiner,
à jouer avec en ondulant
pour que ça frotte sur la chaise.

J'ai trop envie que tu me baises
maintenant.
Je veux juste m'installer sur le dos
mes jambes en l'air
et fais-moi squirter tout partout.

Plusieurs fois.

Quand on sera trempés jusqu'au cou
baise moi dans le cul
sans me retourner.

Regarde-moi dans les yeux
en glissant bien doucement.
Va pas jusqu'au fond.
Va pas trop fort.

Fais-moi venir
encore
avec tes doigts.

mercredi 18 novembre 2015

Tout me pèse
surtout tes yeux sur moi.
Je te déçois,
j'écris mal
et j'aime tout croche.
Mes images maladroites,
mon accent brut,
ma grammaire défectueuse.
C'est pas la peine de m'expliquer
je comprendrais pas.
Vraiment?


C'est facile
sucer ta petite queue.
et pendant ce temps-là
tu m'admires un peu.

Et tu es fier
d'éjaculer vite
sur ma langue.

Autrement,
j'ai jamais su t'émouvoir.
Mes mots
ne te parlent pas.
Je me couche tôt, je mange bien.
Me réveille tôt avec toujours ce même goût de toi.
Me semble que je fais rien que ça me masturber en pensant à toi.
Je t'en veux, j'ai du mal à jouir.

lundi 16 novembre 2015

Sloppy ou Chubby?

T'es un grand romantique toé. Quossé ça, d'abord, Sloppy? J'étais même pas au courant de cette catégorie-là de grosses dans la porn, on m'a jamais avertie! C'est clair que je rentre dans ça, moi, hein?! Sloppy. Quand tu te définis en catégorie de porn cheap pour baiser avec des dudes qui finissent pas leur secondaire pis qui écrivent "comment sa va." de même, qu'est-ce qui te reste comme dignité? Ça fait qu'on va y aller pour Sloppy, sans hésitation, au point où j'en suis. Faque toé, ça t'excite-tu une grosse Sloppy? Même pas. Tu demandais juste pour le fun.


Ma vie maintenant, c'est marcher partout en ville, entre deux réunions. C'est travailler au parc Pélican, au carré Hibernia, partout où y a un banc. Ma vie maintenant, c'est prendre le temps que je veux. C'est être à 8 heures à l'hôpital du Mont Sinaï, à midi dans Rosemont, à 14h00 dans le sud-ouest et revenir dans Hochelag pour souper.

Ma vie maintenant, c'est surtout de décider que j'en ai assez fait pour aujourd'hui et que je vais traverser la ville à pieds pour rentrer.

Tu me manques pas vraiment, ce n'est plus comme ça que j'aborde notre dynamique. J'ai changé toute ma vie, mais toi tu restes statique. Je ne peux rien que continuer à avancer quand tu fais le mort. Tu ne me manques plus tellement. Je laisse les morts en paix, moi. Mais si t'étais là, cet après-midi, si tu marchais avec moi sur le bord du canal, je serais contente de te voir. Simplement.

samedi 14 novembre 2015

Besoin d'un drink pour poursuivre cette conversation

-T'es-tu cochonne?
-Je pense pas être une fille plus cochonne que les autres...
-Ben t'aimes-tu ça le sexe?
-Le sexe c'est toujours bon. C'est une question d'être là et de partager de quoi. Des fois c'est plus excitant de frencher que de se faire défoncer le cul, tu penses pas?
-Je sais pas, me suis jamais fait défoncer le cul.
-J'essaie aussi d'éviter. Pour le sexe anal, moi je privilégie une approche délicate, respectueuse et progressive.

Si tu choisissais d'appuyer sur ma tête,
d'utiliser ton poids pour me contraindre.
Si tu cessais de jouer
pour me faire vraiment du mal.

Qu'est-ce que je pourrais faire?

Je peux juste être gentille.
Tu es trop fort.
Je me sens déjà tellement inférieure.
T'as pas besoin d'être méchant.

Faut que je fasse confiance.

C'est parce que t'es grand comme lui.
J'ai peur de toi.
J'ai peur que tu ressentes ma peur.
Si t'es comme lui,
tu vas aimer ça.
Me faire peur.

Faut que je fasse confiance.
T'as des beaux yeux.
T'es un bon gars dans le fond.

vendredi 13 novembre 2015

Qu'est-ce que tu veux faire?
Toi et moi, on peut pas faire grand chose.

On peut faire l'amour.
                                        

mercredi 11 novembre 2015

Grand-Maman

Je vous ai déjà parlé de Fanny. La belle Fanny qui aime tellement ça être une maman. Fanny fait des gâteaux.

Anabelle, sa plus jeune, a deux ans. Mélodie, sa plus vieille, est enceinte.

Fanny à 35, est sur le point de devenir grand-mère.

Pendant deux minutes, je l'ai enviée.

Melody d'amour

-Moi j'trouve ça pooky de trouver le monde pooky.

mardi 10 novembre 2015

Amélie

J'ai pris des cours, mais si tu décides de partir en voyage, j'annule tout ça et je te suis.

On va où, au fait?

Réserve ton 1er décembre


Fabrizio

-Elle dîne avec Fabrizio.
-Ça c'est Fabrizio, le stagiaire?!
-OMG, m'attendais pas à ça.
-Y est hot.
-Tellement.
-Et il est à quoi, lui?
-Je sais pas, aux tomates séchés?
-On va le découvrir.
-En tout cas c'est pas un p'tit gars, c'est vraiment un homme avec tout ce...
-Ouais.

Avec Reggie, des fois, on a encore quinze ans. On call malade pis on va traîner au complexe Desjardins. On s'invite à dîner chez notre prof d'anglais du secondaire. Comme dans le temps.

dimanche 8 novembre 2015

Question des plus pertinentes

La fée accepte que je recopie son message ici, au risque de passer pour une obsédée totale, un sentiment que je connais bien.

Il va y avoir des photos de seins nuus hein?
diiiis-moi qu'il va y avoir des photo de butch seins nus, pis de toutounes seins nus, pis des seiiins!!
des seins de femmes trans, d'hommes trans, de gouines, de pute #LES SEINSPOURLAREVOLUTION
Et ma réponse :
Il y en aura, tu pourras même les choisir.

mercredi 4 novembre 2015

J'avais la paix

La même jupe de collégienne rose, les mêmes bas résille, y a deux mois, ça dérangeait pas personne.




mardi 3 novembre 2015

Encore la sensation désagréable d'être prise pour une conne.

Et l'absurde impression que tout est de ma faute.



Je vais manger mon lunch tiède toute seule dans une église vide. Avec le mascara qui coule. Le coeur bien gros.

Tabarnak. J'avais dit que je braillerais pus pour toi.

dimanche 1 novembre 2015

Nuit magique

C'est une fée qui m'a dit de brasser comme si ma vie en dépendait. Elle était sérieuse.

Alors comme ça, j'ai perdu le contrôle, 
mais non, 
j'ai lâché prise.
C'est pas évident pour le monde autour de moi
ma reconstruction.
Elle est forte, la fée,
elle sait même que j'ovule.

As-tu remarqué, ça parle même pas de toi.


jeudi 29 octobre 2015

Ton sourire dans la 125.
Les billets pour le Rocky Horror Picture Show.
Tu dis que j'ai pas besoin de me changer,
je suis toujours habillée pour ça.



mardi 27 octobre 2015

As-tu une couple d'heures?
Je pourrais te donner un peu plus d'argent.
Tu diras pas non, t'es tellement au cash.
T'en as jamais trop.
J'aimerais ça que tu me berces.
Me laisser pleurer un peu dans tes bras.
Tu es si délicat,
pis ton pénis est tellement parfait.

Tellement que je ne lui ai jamais
trouvé de surnom.
C'est un superbe pénis en pleine forme.
Un membre de privilégié.
Rose et bien équilibré du ph,
l'a pas eu froid, l'a jamais rien attrapé.
Sais pas si c'est tout le quinoa que tu manges
ou ton gel douche naturel,
mais y a des arômes subtiles de noix et
de coriandre.

Les riches ont pas juste des plus beaux bijoux.
Z'ont des plus beaux organes aussi.
Pulpeux et bien irrigués.

Je vais enlever mon linge
et me mettre à quatre pattes
pour que tu me manges.
Tu vas m'étendre de la bave partout,
OK?

Je vais me coucher sur le ventre
complètement détendue
et tu t'enfonceras lentement dans mon cul.
Juste quelques coups.

Je vais te demander d'arrêter
avant qu'il soit trop tard.
Je veux que tu viennes sur ma face.

Je te sucerai dès que tu sortiras,
encore bien chaud, de mon cul.
Brûlant.
J'irai fort et vite pour pas que tu refroidisses,
te prenant dans le fond de la gorge.

J'ai très envie de ta semence qui coule
sur moi.
Te recevoir sur le visage et la poitrine.
Nettoyer les dernières gouttes qui perlent
sur le bout de ton pénis parfait.

Viens jouer avec moi

Je t'ai dit,
j'ai envie de jouer à la poupée.

Je t'ai jamais dit
ce que je faisais aux poupées.

Avec mes ciseaux
je vais trouer tes vêtements.
Découvrir tes genoux,
tes épaules.
Enlever ton chandail.

Crever tes yeux.
Coudre tes lèvres ensemble.

Mettre des choses pointues
dans tes fesses.

Utiliser tes mains pour me branler.

mercredi 21 octobre 2015

Fuck you Gregory Charles

D'après Gregory Charles, il faut séparer les gars des filles à l'école. Pourquoi ne pas les séparer partout, tout le temps? Les filles avec les filles, les gars avec les gars, les noirs avec les noirs, les handicapés, les lépreux et les cagots aux portes de la ville, c'est ça qu'il veut Gregory Charles?

À la puberté, les filles douces et belles qui se transforment en papillons intimideraient les pauvres garçons, boutonneux, avec des bras trop longs qui passent leur temps en érection pour rien. Pauvre petits hommes bandés incompris, quelle tragédie!

Je le savais que Grégory Charles était misogyne. Ça se dit dans le milieu. Il paraît qu'il a un comportement exécrable avec les filles. Quand tu écoutes son entrevue aux Francs-tireurs, c'est assez évident.

Alors selon Gregory Charles, les filles trop belles et insipides, les filles qui n'ont pas de réelles préoccupations à l'adolescence, devraient être séparées des garçons. Les personnes non binaires, j'imagine qu'on doit les obliger à se conformer à un des deux genres. J'imagine que c'est ça qui ferait plaisir à Gregory Charles.

Je comprends que Gregory Charles n'a jamais eu de crampes menstruelles. Au point de trembler, de pleurer, d'avoir peur de mourir. Qu'il n'a jamais passé trois jours par mois sur le carreau en en payant chaque fois le prix financier, politique et personnel. À douze ans et demi on te fait chier si t'es pas dans ton assiette parce que, hein, quels problèmes importants pourrais-tu avoir, fillette? Alors qu'un gars avec des boutons, ça souffre terriblement. Sauf que maudit sans dessein, les filles aussi, elles en ont des boutons. Les filles aussi bourgeonnent, transpirent, se sentent laides et incapables. Les filles aussi ont les hormones dans le tapis. Elles mouillent tellement qu'elles doivent se changer et elles ont des pertes vaginales bizarres dont elles n'osent parler à personne. Elles ont honte de ce qu'elles sont, de ce qu'elles ressentent, de ce qu'elles dégagent et de ne rien comprendre à tout ce qui se passe autour et en elles. Ce n'est pas le propre des garçons d'être tout fuckés et submergés par les hormones à l'adolescence!

Parlant d'hormones... Je comprends que Gregory Charles s'imagine que les jeunes filles et peut-être même les femmes n'ont aucun intérêt pour la chose sexuelle. Cette idée l'arrange et le conforte sans doute dans sa logique d'attardé dominant. Dans la réalité, les filles peuvent se masturber beaucoup plus de fois dans une journée, que les garçons. Les filles se masturbent depuis qu'elle sont des foetus dans l'utérus de leur propre mère. Les filles ont un désir et des fantasmes sexuels à faire pâlir mes chums bikers qui produisent de la porn hardcore barely légale, et ce, dès qu'elles sont en âge de réfléchir. Des fantasmes de domination, de partouze, des trucs pas propres que t'avoues même pas à ton psy et surtout pas à ton chum.

Les petites filles ont envie de déshabiller les garçons, de les exploiter, de les soumettre. Elles ont envie de jouir, envie de profiter de la vie et envie de subvertir.

Et pourquoi est-ce qu'elles ne se lancent pas sur les petits gars pour les violer comme des animaux? Parce qu'on n'encourage pas et on ne pardonne pas les manifestations du désir sexuel des jeunes filles et des femmes comme on le fait pour les petits garçons ou les hommes. Tout simplement.

Gregory Charles veut que ça continue. Il souhaite qu'on apprennent aux filles qu'elles portent le mal et pervertissent les pauvres hommes, il souhaite qu'on les exclue, les isole, les culpabilise parce qu'elles empêcheraient les pauvres petits gars de s'épanouir.

Va donc chier, Gregory Charles.
N'empêche, fallait vraiment avoir l'impression d'avoir vécu l'enfer pour se réjouir autant de voir Trudeau élu. Au moins on va avoir le droit de prendre de la drogue.

mardi 20 octobre 2015

Patrice Roy qui dit à Mélanie Joly que la parité va lui servir, c'est vraiment poche, surtout que deux minutes avant on expliquait comment Trudeau la voulait, elle, à tout prix. D'après mon chéri, c'est une maladresse, ben ça en dit long sur ta culture quand tu dis des trucs pareils aux femmes sans y penser! C'est peut-être moins flagrant que les remarques de Marcel Aubut, mais c'est du christ de sexisme ordinaire pareil!

C'était quoi l'idée? Le but de cette remarque c'est quoi? Faire remarquer à Mélanie Joly qu'elle est chanceuse d'être une fille parce qu'elle va devenir ministre juste à cause de ça. C'est vrai que les filles l'ont facile en politique, tsé. Pas bravo Patrice Roy.

lundi 19 octobre 2015

Je ne t'aimerai plus

Je t'aimais.
Je t'aime encore,
mais je n'en ai plus envie.
Plus la force.

Tu sais,
des fois j'achète un billet
et je vais marcher
dans une autre ville.
Je pleure,
je marche
et la question poppe, comme ça.
Je l'aime-tu encore?
Je vis beaucoup de culpabilité
juste à cause de cette question
qui tourne en boucle
pendant que je pleure.
Je me déteste.
Je n'ai pas envie de réaliser
que je ne l'aime plus.
On peut penser que de se poser la question
c'est y répondre.
Quand on aime on le sent.
Je pense le contraire.
C'est diffus l'amour.
Ça s'oublie facilement
quand on a quarante-cinq minutes
de pause
deux heures de voyagement
et cinq heures de sommeil
par jour.
On perd le contact,
mais l'amour existe encore.
Quand on aime pas c'est franc.
J'aime pas Louis-Jean Cormier,
je peux pas l'oublier ou l'ignorer,
ça me frappe rien qu'en voyant sa face.

Si je me pose la question
c'est que je l'aime.
Je l'aime encore, je laime peut-être plus qu'avant.
Si la question revient même si je sais la réponse,
c'est que c'est pas la bonne question.
C'est quoi la bonne question?

La bonne question c'est :
Est-ce que je me sens encore capable
de l'aimer?
L'aimer avec tout ce que ça implique.
Suis-je encore assez forte pour être amoureuse
de lui?

Alors voilà,
toute cette histoire
simplement pour te dire,
je ne me crois plus capable de t'aimer.

J'ai le coeur brisé.
Des larmes sur ma page
parce que je t'écris sur du vrai papier
comme pour les trucs importants.
C'est officiel,
je l'écris au passé parce qu'il faut que je m'habitue.
Je t'aimais.

Tu sais, dans le futur. Dans le vrai futur là, quand on va pouvoir se brancher avec un joli casque vraiment plus hot que les google glasses. Quand on va utiliser ça pour vivre des expériences genre se faire sucer par ta porn star favorite. Moi je veux dominer Elvis et m'asseoir sur son visage. Je veux pratiquer la sodomie avec Jacques Higelin. Et puis il y a toi. Dans le futur, je vais t'avoir pour moi toute seule. Ce sera pas vraiment toi, pas une poupée, pas un robot ni un hologramme. Juste un programme. Un courant électrique. Un influx nerveux. Une hallucination nourrie par mon imaginaire.  Mieux qu'un souvenir. Dans le futur, je vais pouvoir oublier que j'ai tout gâché.

samedi 17 octobre 2015

Ton vieux hoodie des Lakers.
La terre sous tes ongles.
Fais-tu exprès pour me provoquer?

T'as bien fait de partir.
Parce qu'à c't'heure
avec 125 ml de vin
j't'un peu soûle.
Pis tu le dis toi-même
que je pense rien qu'à ça.
Ouais
j'y pense avec toi.
Boire et fumer avec toi.
Frencher sur le sofa.
Baiser en gardant ton capuchon
et tes bas.
Juste en dézippant ton jeans.

T'as bien fait de partir.
J'ai mis la main sur ta cuisse,
trop haut,
c'était pas vraiment un accident.
J'ai envie de te toucher.
Coller ma bouche sur ta peau.
Tu me trouvais belle, je l'ai vu.
Tu sais pas comment
je peux être dangereuse
quand je  me trouve belle.
Ou tu sais
et tu t'es poussé juste à temps.

T'as bien fait de partir
et me laisser
toute seule avec la pluie.

lundi 12 octobre 2015

J'aime ça parce que t'es rough avec moi.
Je peux pas m'empêcher de crier,
tu vas tellement fort
avec tes gros bras musclés.
Tes yeux sont toujours bizarres
quand tu me fourres avec tes doigts,
t'as l'air concentré.
Tu forces pour aller plus loin,
me défoncer.
Je te dis que j'aime ça en sacrement.
Tu en ajoutes un pour me faire plaisir.
C'est le dernier après ça rentre pus,
t'as des trop grosses mains.
Tu me plantes ça dans le fond
et tu appuies, tu grattes vers le haut
comme si tu me faisais signe
d'approcher,
au fond de moi.
Tu fais ce geste-là longtemps
même si je me tortille un peu,
ça pince et ça me donne des spasmes.
J'aime pas vraiment ça,
mais j'aime ça.
À cause de ton regard intense.
Ça me calme.
Je grimace un peu de douleur
et juste au moment où j'allais
te demander d'arrêter,
j'apperçois ton petit sourire en coin,
qui annonce la finale.
Tu pèses fort sur mes parois
et tu vas loin.
Tu enlèves tes doigts, satisfait.
Tu m'as pas fait jouir, tu le fais jamais,
c'est pas ça.
C'est comme pour me modeler le dedans.
Après m'avoir bien chauffée
tu me pénètres tout le temps avec ta bite,
t'es vigoureux et enthousiaste,
mais tu jouis pas.
Rapidement tu me fais retourner et
tu me badigeonnes le cul de salive
en me fourrant un peu maladroitement,
parce que ce qui t'intéresse,
c'est de mettre tes doigts dans mon cul.
Dès que tu mets le premier,
je me tends un peu.
Parce que là c'est vrai, c'est sérieux.
Je vais me faire enculer
et ça m'excite tellement.
Ma respiration change.
J'essaye de me détendre, mais je stresse,
d'un coup que tu serais pas gentil aujourd'hui,
d'un coup que j'aimerais pas ça...
Le deuxième doigt glisse,
c'est de plus en plus proche
de la vraie sensation.
Ça résiste encore trop.
Tu essaies d'écarter tes doigts
en moi
comme des ciseaux.
Tu dis que t'es pas capable,
que ça te fait mal,
que je pourrais te casser la queue
rien qu'en serrant trop le cul.
Je me détends enfin,
je me penche un peu plus en avant
la tête enfoncée dans le matelas,
j'écarte un peu plus les jambes.
Ma main s'aventure entre mes fesses,
pour retirer la tienne
et je te demande,
encule-moi maintenant.
Tu le fais,
tu fais sortir ta bite de ma chatte
et tu me la rentre dans le cul
en me lançant un bon "Tiens!"
bien senti.
Tu poursuis sur ta lancée et tu renchéris
"Tiens! Tiens! Tiens!
TIENS!"
Je serre les draps
et je gémis une longue plainte
saccadée,
au rythmes de tes coups de reins.
Après la surprise,
après la peur,
après la douleur,
il y a
l'abandon
et l'offrande.
Et quand j'abandonne toute résistance
que tu peux aller et venir
à ta guise
que mes doigts s'ouvrent
et se dirige entre mes cuisses pour m'astiquer
que je ne fais plus un bruit
sinon pour t'avouer doucement
que
c'est pas disable comment j'aime ça
quand t'es dans mes fesses;
J'arrêterais tout et je resterais de même des jours.
Pourquoi on peut pas?
Pourquoi tu peux pas me mettre dans le cul
toute la journée, toute la semaine
jusqu'à Noël?
Tu me préviens toujours avant de décharger
et je te demande
de rester encore en moi
encore un peu.
Sentir ton sperme refroidir
ta bite qui ramollit
et me faire venir pendant
que tu mords mon cou.



dimanche 11 octobre 2015

Une fée m'a partagé ça

C'est définitivement mon genre de chant révolutionnaire.
Une fée qui me demande "Pourquoi je pense à toi?"
Parce qu'on parle d'avoir plusieurs maris et de fumer des gros tarpés?
Ou bien parce qu'on y illustre bien comment le contrat social exploite et prostitue les femmes partout et tout le temps et qu'on ne peut tracer la ligne tellement les relations entre hommes et femmes sont assujetties à cette norme. Parce qu'il s'agit d'un continuum allant du dating à la traite des femmes. Le pouvoir nous échappe tout le temps. Le pouvoir politique, le pouvoir économique, le pouvoir d'achat, nous y sommes soumises. Nous ne sommes pas égales. Et quand on investit le marché du travail c'est pour tomber sur des Marcel Aubut qui nous rappellent qu'au fond, on n'est rien qu'une femme, rien qu'une pute comme les autres.


jeudi 8 octobre 2015

Vas-tu vouloir?
J'ai tellement le goût là.
Te sentir tout excité.
Dis oui, allez, dis oui.
Je veux que tu
m'écartes les fesses

mardi 6 octobre 2015

Je revois tes yeux quand tu m'as tendu la feuille.
Tu ne feras plus jamais ce geste pour moi.
Nous sommes redevenus des étrangers.

Soyez pas trop sévère avec vous-même, a dit le doc.

Y a de ces moments où on fait de ces détours
sans savoir pourquoi.

Il y a ce banc, sur le chemin de l'hôpital, où je me suis assise
à chaque rendez-vous.
Je ramasse les feuilles toute seule.
C'est pas que je suis pas fière.
J'arrive juste pas encore à apprécier le détour.
Si j'arrivais à comprendre j'arrêterais de penser à toi
j'accepterais que t'aies fait partie du chemin.
Pour l'instant t'es rien qu'une misérable erreur de jugement.


Comme la fraction de seconde où,
tu te dis que tu
mangerais du mcdo ou du pfk pour souper.
C'est jamais une bonne idée.
Tu n'aimes même pas vraiment ça.

Toi, tu es dans cet instant où, absente, j'ai cru
avoir envie de ce que je ne voulais pas.

Parce que tes yeux,
la feuille d'érable dans ta main,
dans la mienne.

samedi 19 septembre 2015

-Oh mon Dieu!
-Quoi?
-L'exterminateur.
-Quoi, l'exterminateur?
-Il a vu sous le lit.
-Oh. Tu penses qu'il a ouvert la boîte?
-Quand tu trouves une boîte comme ça, t'as pas besoin de l'ouvrir. L'imagination suffit.
-Ouin.

mercredi 16 septembre 2015

Revirer la maison à l'envers peut perturber l'autiste qui vit dedans

Torture et masochisme #25

Feuilleton autofictif, encore plus plate et inutile que la vie de son auteure, dont la vacuité n'est plus un secret pour personne.

Tous les épisodes : #1#2#3#4, #5#6#7#8#9#10#11#12#13,#14,#15#16 #17#18,#19#20, #21#22#23, #24


Couverture

Ça va être l'automne et il ne sera pas là. Elle tourne et enroule nerveusement les fils de la frange de son écharpe autour de ses doigts. Avec la même laine, elle lui a fabriqué une couverture. Qu'elle ne lui offrira pas.

Chaque fois qu'elle attend un bus, qu'elle entre ou sort de n'importe quelle station de métro. À l'université, à la bibli, au petit bar. Partout en ville, elle a peur de tomber sur lui.

Pendant qu'il l'oubliait, elle lui crochetait une couverture. Pour le tenir au chaud. Pour qu'il pense à elle pendant l'hiver. Pour qu'ils soient un peu ensemble. Elle a toujours voulu prendre soin de lui. Il n'a jamais eu besoin d'elle. Tout baigne. Rien que l'impossible entre un héros et une salope.

Elle replace nerveusement le foulard pour masquer la brûlure sur son visage. Il n'y a plus assez de tissus, de maquillage et d'artifices pour cacher toutes les cicatrices. Elle a repoussé les limites du glitter, c'est le moment d'essayer autre chose. Elle aime son reflet dans la glace, parce que rien d'autre ne lui appartient.

Elle sait qu'il est bien. Il ramasse, lui aussi, des feuilles rouges tombées des arbres en rentrant. Il trouve des trésors dans les ruelles. Il n'a pas froid, il a toutes les couvertures dont il a besoin. Il est amoureux. Il ne pense pas à elle. C'est elle qui grelotte, elle qui devrait s'abriller. Et peut-être demander de l'aide.

Elle mélange l'alcool et les médicaments, elle n'a pas faim et n'a rien avalé d'autre, elle sait que c'est dangereux. Elle somnole en cherchant une maison assez petite pour ne plus se perdre. Charlevoix, c'est pas encore assez loin. Pourquoi pas la Gaspésie? Pourquoi pas dans un autre pays? Pourquoi pas l'éternité, juste se laisser glisser doucement dans un sommeil qui ne finirait jamais. Se reposer. Aller voir de l'autre côté de l'existence, si c'est vrai qu'on ne souffre plus.
Je vais te faire allonger nu
sur le ventre.
Prendre le temps de te regarder.

Je vais te toucher doucement,
t'effleurer
avec mes cheveux,
avec mes ongles,
avec mes lèvres,
avec mes mamelons.

Je te lécherai un peu
et j'embrasserai chaque pouce carré.
Sucer ta peau
pas assez fort pour que ça marque,
juste pour te goûter.

Et je te caresserai avec mes cils
en battant des paupières.
Comment on appelle ça?
Tu dois le savoir,
tu sais tellement de choses.

lundi 14 septembre 2015

Ça


Jouer au Nintendo


Si ta blonde est en dépression pis tu penses juste à fourrer quelqu'un d'autre...

Je voulais pas vraiment en parler. Y a plein de problèmes avec le film Le Mirage. On sait même plus par où commencer. Le film est un mirage, c'est faux. C'est tout faux. Le problème de la classe moyenne c'est qu'elle pense faire pitié pendant qu'à cause de ses choix le reste du monde crève de faim. Le problème des mâles blancs hétérosexuels, c'est qu'ils n'ont développé aucune capacité d'introspection et que lorsqu'ils s'intéressent à leurs problèmes, ce n'est que pour pointer des causes extérieures comme s'ils ne contrôlaient absolument rien alors qu'ils dominent le monde.

En lisant Lagacé ce matin, ça me déprime à mort. Il suggère de consulter des références avant de hurler...

C'est peut-être pas super cool de mettre en doute la parole des hommes, j'en conviens. Mais quand ces hommes sont parfaitement incapables de se détacher et de considérer leurs privilèges et leur posture dominante avant de réfléchir, ça nous donne une réflexion complètement dénuée d'objectivité. Des théories qui ne s'appliquent pas à la réalité. Je ne peux tout simplement pas y croire.

Les deux tatas à Troji et Morissette n'avoueront jamais être des imbéciles à qui leur conjointe refuse des rapports intimes. Pas eux, voyons. Ce qu'ils illustrent dans leur film n'existe pas chez eux, mais ils estiment que ça existe ailleurs. Ils en ont entendu parler. Ils ont un ami qui... Ce qu'ils ne savent pas, c'est que même en dépression majeure la majorité des femmes souhaitent faire l'amour. Un trou de cul capable de violer son employée sans remord, viole aussi sa femme. Elle se réveille en se faisant fourrer. Il s'exécute sans lui demander la permission. Ces salauds fourrent leur femme et toutes les autres, ils ne manques de rien surtout pas de cul. La voilà, la réalité qu'ils ne peuvent décrire parce qu'ils ne l'acceptent pas. Cela les obligerait à prendre leurs responsabilités.

Le problème des hommes qui disent que leur femme ne veut plus faire l'amour, c'est qu'ils mentent. Comment avouer qu'ils n'ont plus de désir sans que ce soit une atteinte à leur virilité? Ce doit nécessairement être la faute de quelqu'un d'autre. C'est pas vrai que les femmes ne font plus l'amour. Promène-toi dans un centre de vieux pis fais un sondage. Les bonhommes sont même pu capables d'y penser alors que les dames espèrent jouir une autre fois avant de quitter ce monde.

Les femmes ne repoussent pas leur conjoint quand il leur fait des avances. Ce sont les hommes qui les laissent aller aux lit seules le soir pour se crosser devant des anus bleachés dans leur sous-sol. La réalité c'est que les femmes ont toujours envie de faire l'amour et que les hommes ne les touchent plus après quelques années et ils sont désintéressés. Incapables d'assumer l'appétit sexuel de leur partenaire. Souvent parce qu'elles sont mères et que le sexe n'est plus appréciable avec cette figure sanctifiée. Parce qu'une vie de fou a mis une distance entre eux, qui leur paraît infranchissable. Impossible de retrouver l'intimité avec elle, mais avec une inconnue, ça semble envisageable...

J'ai compris jeune, qu'il faut toujours se méfier d'un homme qui viendrait vers moi en se plaignant de sa conjointe. Sur le coup ça peut avoir l'air valorisant, je peux penser que je peux l'aider, le soulager, j'ai une solution pour lui, tant pis pour sa femme si elle est trop conne pour prendre soin de son homme. Mais ce salaud qui n'a aucune considération pour sa propre femme (au point de s'en plaindre à une inconnue) n'en aura jamais plus pour moi. Parce qu'il faut être un salaud pour aller dire à quelqu'un que sa femme le néglige et que le sexe est ordinaire.

Tu ne peux pas affirmer aimer quelqu'un, vouloir vieillir avec et être à la fois incapable de partager ça avec elle. Et tu le sais tellement que tu es certain que si elle te prenait la main dans le sac, ce serait fini. Tout ce que vous avez partagé ne vaudrait plus rien. Tu as menti délibérément et trahi sa confiance. J'ai envie de dire que si tu as autant de mal à être honnête avec quelqu'un d'aussi précieux, tu as probablement du mal à être honnête avec toi-même.

Ce que les hommes disent en révèle beaucoup sur leur état quand on fait attention:
Je ne veux rien changer à ma vie. (Je comprends que tu as très peur d'avancer, mais que tu es malheureux. Tu veux changer ta vie, mais n'oses pas le faire.)
Je veux retomber amoureux. (Si t'es capable de choisir de tomber amoureux de moi ce soir, pourquoi t'essaies pas avec ta blonde?)
Je veux ressentir les papillons du début. (Ne vois-tu pas que si tu as besoin d'être énervé, déstabilisé et stressé, t'as un problème de gestion de tes émotions et t'as besoin d'un psy? Qu'est-ce que tu cherches à fuir en t'imposant le stress d'un coup de foudre? Tu rêves d'être emporté. Que cache ton besoin d'être absent, y as-tu déjà pensé?)
Sébastien trouve le sexe ordinnaire avec sa femme... (Je comprends que Sébastien est un amant ordinaire avec sa femme.)
  
Les femmes seraient responsables de l'état d'esprit et des actions de ces pauvres morrons? Faut tromper sa femme pour sauver son couple, maintenant? Faudrait peut-être te rentrer dans la tête que le sexe, c'est pas nécessaire dans une vie. Quand tu admets ça, la vie est tellement moins lourde. Et puis, ça te ferait peut-être du bien d'admettre en même temps que le sexe, c'est ordinaire. Il n'y a rien de plus ordinaire, de plus banal, de plus simple. Il n'y a pas de bon ou mauvais sexe. *On ne parle pas d'absence de conscentement ici!* Du sexe, c'est du sexe, c'est une question d'apréciation. Si tu es incapable d'aprécier le sexe que tu qualifies d'ordinaire avec ta femme et que tu as besoin d'extra-ordinaire pour te satisfaire, permets-moi de douter de tes dires quand tu prétends que ta vie est parfaite et que tu es un homme et un père heureux, comblé par son travail et sa vie de famille. Si t'es même pas capable de t'autosatisfaire sexuellement avec tes dix doigts et ton imaginaire, dude, je veux même pas essayer de savoir à quoi ressemble le reste de ta vie. Misérable.

Et si ta femme te dit qu'elle n'a pas envie de faire l'amour, peut-être que ce qu'elle veut dire c'est qu'elle n'a pas envie de faire l'amour avec toi. Peut-être que tu l'utilises pour te masturber et qu'elle en a eu assez d'écarter les jambes pendant que tu baises avec toi-même. C'est quand donc la dernière fois que t'as fait quelque chose pour lui faire plaisir et pas pour acheter du sexe? Ta femme aussi, c'est une pute, sauf que tu la paies pas assez bien pour qu'elle fasse semblant d'aimer ça.

Le mirage, et l'infidélité sont le résultat du conditionnement dont sont victimes les réalisateurs et le reste de la société. Ils n'ont fait aucunes recherches sérieuses. Ils sont partis de leur petit vécu de merde et de leurs petites impressions de merde du vécu d'autres hommes, surtout pas eux-mêmes, car ils sont au-dessus de ça. Tsé.

J'ai contacté Jocelyne Robert, sexologue, afin de lui demander son avis. Pourquoi Jocelyne Robert? Parce que nos opinions sont souvent diamétralement opposées et qu'il faut toujours se méfier des gens qui pensent comme soi quand on cherche la vérité. J'ai donc demandé à Madame Robert si j'étais dans le champs en soutenant que ces hommes qu'on nous présentent et ceux qui s'y identifient ne disent pas tout de leur malaise et qu'en déconstruisant le mythe du pauvre homme négligé par sa femme, on trouve un homme conditionné, dominant, reproducteur, toujours en quête de plus de puissance et incapable d'introspection, pointant des causes extérieurs aux problèmes qu'ils se crée lui-même. Madame Robert a répondu qu'elle était 100% d'accord avec moi. Qu'est-ce que ça prouve? Absolument rien. Faites-vous votre propre idée. Votre propre idée.

Oui, mais toi? Oui, mais moi. Moi je fais souvent l'amour avec lui avant d'aller rencontrer un autre homme, ça me met dans le mood. Moi quand je reviens, il me demande si j'ai passé un bon moment. Et moi, j'ai beaucoup de peine en apprenant que son cell a perdu le contact de Betty. Parce que je sais qu'il l'aimait vraiment bien, cette fille. J'espère qu'elle va le rappeler. Mais n'essayez surtout pas ça chez vous, trop de liberté, d'intégrité et de sincérité, ça donne le vertige et ça rend accro.


dimanche 13 septembre 2015

La dernière fois que je suis allée chez toi
t'étais tellement soûl.
Tu m'as dit : Aweye liche-moé les gosses.
Je feelais princesse ce soir-là pis je te trouvais vulgaire.
Je l'ai fait, mais j'aimais pas ça.
J'ai jamais aimé tes testicules
moles, rasées et surettes.
À soir ça me tenterait.
Même si t'as travaillé toute la jounée
pis que t'as pas pris ta douche.
J'ai envie de faire rentrer tes couilles
au complet dans ma bouche.
Mais tu réponds pas,
tu fais chier.

samedi 12 septembre 2015

"Ferme ta yeule pis fais de quoi de concret si t'es si hot"


J'ai fait je sais pas combien d'épicerie pour les autres. Attrapper une boîte et faire le tour de la maison un peu paniquée. Être en tabarnak parce que quelqu'un a besoin de manger. Ouvrir les armoires, lancer des boîtes de conserve dans la boîte de carton. Vider le congélateur pour des amis ou du monde que je connais pas vraiment. Quelle importance? J'ai cuisiné, j'ai acheté du lait pour bébé.

Ça m'a jamais fait du bien de faire ça. Ça m'écoeure d'avoir à le faire. Mais il faut que je le fasse, tu comprends? Non, tu comprends pas. C'est une douleur impossible à décrire et ça prend un coeur. Tu vois? J'ai pas grand chose, je suis pas bien intelligente, j'ai pas de grandes qualités, j'ai rien pour rendre jaloux personne. J'ai un peu de coeur. Juste ça.

Ça fait que je pleure en regardant le bulletin de nouvelles et je ne supporte pas ton jugement. La facilité avec laquelle tu condamnes ceux qui sont moins chanceux que toi, ça me fait mal. Je voudrais prendre ta main et t'emmener faire un tour, juste te montrer c'est quoi l'impuissance. J'aimerais savoir comment faire pour que tu cesses de croire que chacun est responsable de son sort, comme si les gens qui s'en sortaient étaient les plus travaillants et les plus débrouillards, mais pas les plus chanceux. Tu te trompes, ce n'est pas une opinion, tu as tort, c'est un fait.

J'ai acheté des effets scolaires à la fille d'une voisine, une fois. J'aurais pu juger la fille parce qu'elle s'achetait du crack avec ses revenus de travail du sexe au lieu de subvenir aux besoins de la petite. Je n'ai aucune preuve de ça, en fait. Qu'est-ce qui me dit que c'est pas la dernière hausse d'Hydro-Québec et non la dope qui l'empêche de faire vivre sa famille? J'aurais pu dire que c'était pas à moi de faire ça. Mais j'ai jamais réussi à m'endormir en répétant ces formules magiques-là. Tout ce que je sais c'est que ça se passe mieux à l 'école quand t'as pas besoin d'emprunter un crayon et des feuilles mobiles à ton ami. C'est ridicule qu'on fasse acheter des effets scolaires aux familles. Tout, absolument tout devrait être fourni à l'école.

Tu penses que je suis fière de ça?! J'ai tellement honte. Tellement honte de m'en souvenir. As-tu seulement une idée de la technique, le tact, l'expertise qu'il faut développer pour arriver à donner quelque chose d'important à quelqu'un sans l'humilier? Ça se fait pas de même. Tu viens pas au monde avec ce talent-là. Tu te trompes et tu te plantes souvent. Moi, une fois, j'ai donné des guirlandes de Noël à une fille qui avait même pas d'appartement. J'ai retrouvé mes guirlandes dans la ruelle. Elle les avait garrochées de toutes ses forces. C'était rien comparé à la violence de mon geste à moi. J'avais donné de quoi à cette fille pour me rassurer moi. Si j'avais voulu l'aider, je lui aurais demandé de quoi elle avait besoin. C'était pas ça qui m'intéressait, moi je voulais donner mes vieilles décorations pour m'en acheter des neuves. La belle Catherine, elle aurait dû m'envoyer chier et me les pitcher en pleine face, mes cochonneries, mais elle était trop bien élevée pour ça.

Pendant des mois j'ai rempli le congélateur de la job de petits plats préparés. Préparés par moi. Le meilleur chili que t'as jamais mangé. Le meilleur végé pâté au monde. Osso buco de porc que tu jouis en le mangeant. Saumon poché avec une tite sauce tomate de la mort. Lo mein au tofu avec de l'huile de sésame pis du miel de chez Eva B. Et la règle c'était : Demandez-moi surtout pas, prenez ce que vous voulez.

J'ai travaillé gratuitement. J'ai rédigé et corrigé des cv, des lettres, des contrats, j'ai accompagné des gens dans leurs démarches auprès de la RAMQ, de l'immigration, de la régie du logement. J'ai écouté, donné des conseils, encouragé ceux qui en avaient besoin.

Quand je fumais, j'ai jamais refusé une clope à personne, j'en donnais au moins trois à la personne qui me quêtait. Le jeudi j'achetais un paquet que je l'offrais à la première personne qui m'en demandait.

J'ai fait semblant que mon linge me faisait plus pour en donner à Joannie quand elle a engraissé.

J'ai élevé un enfant même si j'étais pas une adulte. Je lui ai donné tout ce que je pouvais. J'ai manqué l'école pour l'emmener chez le médecin quand il faisait des otites. Je sortais pas parce que je m'occupais de lui. J'avais pas de chum, pas de vie, j'avais le petit. On regardait Passe-Partout et je lui faisais venir du poulet avec mon 10$ par semaine de budget. Je lui ai montré à cuisiner.

J'ai payé ses frais d'inscription aux cours pour adultes afin qu'il termine son secondaire.

J'ai payé son passeport pour qu'il puisse aller en voyage avec les autres.

J'ai donné des cours particuliers.

J'ai fait des crises à ma mère pour qu'elle prépare un lunch de plus pour que mon amie puisse assister à la sortie organisée par l'école parce qu'en temps normal, elle retournait à la maison le midi et personne ne voyait qu'elle ne mangeait pas. Elle se sentait pas capable d'assumer ça parce qu'elle savait qu'on jugerait sa mère et elle l'aimait tellement sa mère. C'est à elle que je pense aujourd'hui.

J'ai ouvert ma maison. Une belle journée ou une nuit, la DPJ va m'appeler pis la police va m'apporter de quoi. Je sais pas quel âge, quelle grandeur, quelle couleur, je sais pas combien de temps, mais je vais m'en occuper comme du monde. Je vais profiter de chaque minute avec pour lui montrer à sacrer, à désobéir, à se révolter. Mais surtout à aimer et à partager.

Je suis pas hot pantoute, mais non, je fermerai jamais ma yeule. Toi par exemple, en commentant ça, tu nous dis que tu fais rien et que c'est pas ton problème. Tu viens me crier à moi de fermer ma gueule et de passer à l'action et tu me demandes ce que j'ai fait. Ma pauvre, je n'ai pas de compte à te rendre, mais je sais que j'en fais plus en une semaine que toi dans toute ta vie. Jamais il me viendrait à l'idée de m'en vanter comme tu le fais. Tu calcules tout et tu t'imagines que t'es respectable rien que parce que tes enfants gâtés mangent trois fois par jour.

vendredi 11 septembre 2015

Moi j'ai plus d'amis psychotiques que toi!

-Toute ça, c'est à cause des BANQUES PIS DU COMPLEXE INDUSTRIEL MILITAIRE!
-Christ que t'es déprimant.
-C'est vrai ça, tu devrais sourire plus.
-Redis-le avec le sourire.
-Toute ça, c'est à cause des BANQUES PIS DU COMPLEXE INDUSTRIEL MILITAIRE!
-C'est mieux.
-Beaucoup mieux. T'as ben moins l'air d'un malade mental comme ça.
-Pis on se concentre sur ta belle face plutôt que sur ce que tu dis.
-Avec vous autres les ILLUMINATIS PEUVENT DORMIR TRANQUILLES, HEIN!
-En fait, je suis pas scientifique, mais je pense que quand t'existes pas, tu peux pas réellement dormir...
-Ça me semble logique.
-ESTIE DE GANG DE ROBOTS CONTRÔLÉS PAR LES MÉDIAS!
-Avec le sourire, Sam, avec le sourire.
-ESTIE DE GANG DE ROBOTS CONTRÔLÉS PAR LES MÉDIAS! MIEUX QUAND JE SOURIS  COMME ÇA?
-Oui.
-Si tu souris plus et que tu crie moins, moi je suis certaine qu'ils vont te laisser sortir la semaine prochaine.
-Dis juste ce qu'ils veulent entendre et pense ce que tu veux.
-MAIS FAUT PRÉVENIR LE MONDE!
-Mais non. Sauve ta peau. Le monde vaut pas la peine d'être sauvé, regarde-nous, on est prêts à nier n'importe quoi pour justifier notre mode de vie et notre système pseudo démocratique.
-C'est vrai ça, on n'est pas différents.
-MOI JE SUIS DIFFÉRENT.
-Et tu es enfermé avec des fous aussi. Un détail que tu devrais pas négliger.

Un petit garçon et son père sur la place Valois

-J'ai faim.
-Je l'sais que t'as faim.
-J'ai faim pareil.
-T'as toujours faim quand tu reviens de l'école.

Je me souviens d'une époque, pas si lointaine, où les enfants avaient une collation à l'école.

jeudi 10 septembre 2015

Suivre le guide alimentaire canadien, c'est une vraie joke. Tsé là, le guide qui disait quand on était petits que le plus important dans vie c'est le pain... Quand faut que tu manges le moins possible pis que t'as besoin d'un max de vitamines et de protéines, me semble que les germinations c'est un must. Ben le guide alimentaire canadien connaît pas ça, les germinations. Faut le faire en estie.

Mangez de la marde avec votre câlisse de poulet bouilli, vos légumes vapeur pis vos patates pilées, c'est pas vrai que je vais manger comme mon arrière-grand-mère de la viande, des oignons, des carottes pis des patates jusqu'à la fin de ma vie! J'aime mieux me gosser une gaspacho avec ce qui pousse dans ma cour. Pas sûre que c'est moi qui ai besoin d'éducation.


Je ne fais rien. J'écris pas. Je travaille pas. Je regarde les cicatrices se refermer et je pleure un peu parce que je le sais. Je le sens en dedans que je t'ai perdu pour de bon. Je me sens laide et niaiseuse. J'ai l'impression que c'est comme ça que tu me vois et j'ai toujours accordé plus d'importance aux autres. C'était important pour moi, comment tu me regardes. Depuis que tu ne me regardes plus, je me demande tous les jours si j'existe. J'ai essayé de rajouter des années à ma vie, d'acheter du temps. Je me retrouve devant un vide immense et j'ai rien pour le remplir. Je peux juste le contempler.

Ce matin, j'ai réalisé, je sais pas depuis quand exactement dans les dix derniers jours... je sais juste que je ne boite plus. Je me lève comme rien pis je marche. Ça fait même plus mal. J'avais mal tous les jours, mais je ne sais pas depuis quand, je n'ai plus mal. Tu es un peu comme ces douleurs fantômes qui disparaissent, mais que je crains toujours. C'est quand la prochaine fois que je serai pas capable de marcher? D'aimer? Déjà, mes morceaux se recollent et mon corps se réparre tout seul. Même si t'es pas là. Je voulais prendre des marches dans le bois avec toi. Dans mes rêves j'étais même capable de monter des montagnes. J'ai pus besoin de fermer les yeux pour imaginer, je peux faire les choses, maintenant. C'est difficile d'imaginer que je serai un jour assez intéressante pour me tenir compagnie à moi-même et voyager par mes propres moyens sans m'emmerder. Sans toi. Faudrait que ça arrive. Je vais apprendre à conduire. Je vais faire tellement de choses que tu n'apprécieras jamais parce que tu t'en fous de moi, de ma vie, de mes progrès. Tu es ailleurs. Trop loin.

J'ai appris à survivre dans d'autres contextes. Mon expérience m'est inutile. C'est juste mort. Il faut que j'apprenne à vivre avec ce qui me reste avant que ma vie au complet se nécrose et que je me désintègre. Faudrait que je ferme la télé et que j'ouvre un livre. Mais dès que je fais quelque chose tu fais irruption dans mon esprit et je me vois vivre sous ton regard bienveillant. Alors je ne fais plus rien. Je mange un peu, je ris, je pleure, je dors, je m'éveille et je recommence. Je voudrais être sage et différente. J'ai changé tout ce que je pouvais. J'ai vraiment l'impression d'avoir fait tout ce que je pouvais. Je ne sais pas comment vivre sans toi.
Ahed Tamimi, est-ce qu'elle vous serait autant sympatique si elle portait un hijab et avait des sourcils foncés? J'ai l'impression que ses belles boucles blondes et son chandail de Tweety Bird vous émeuvent. C'est de valeur quand des sentiments sont à ce point dirigés par l'apparence des choses et des gens. C'est toujours important de se reconnaître.

Depuis que t'es partie ça manque de robe à pois


mercredi 9 septembre 2015

Ce matin j'ai le droit de manger une toast pas de croûte avec un peu de margarine non hydrogénée, quelle joie!

J'avais mal lu mon menu, je pensais j'avais le droit de manger du beurre d'arachides... m'en vais écraser un morceau de banane là-dessus. Tant pis si je meurs.

mardi 8 septembre 2015

Héparine

-Avez-vous peur des aiguilles?

Non, vraiment pas. Juste imaginer qu'il va falloir me piquer une fois par jour pendant trois semaines, j'aime ça. Ça doit venir de mon enfance malheureuse, ça me conforte de prendre des médicaments. Dans ce temps-là, on te fout la paix. Tu manges pas de claques, on te court pas après pour te battre parce qu'on t'aime pas la face, mais pour te faire prendre tes médocs et tu peux regarder la télé tranquille en buvant du lait chaud avec du miel. Un surcis. C'est comme mon ami qui est devenu full en santé et responsable depuis son diagnostic de séropositivité. Il s'est reconnu là-dedans. Il prend ses antirétroviraux tous les jours et prépare les meilleurs mets végétaliens au monde. J'aime ça prendre la seringue, j'aime enlever le cap, piquer l'aiguille dans ma peau, appuyer tout doucement sur le piston. J'aime le pincement. La petite nervosité quand l'aiguille ressort, faut surtout pas la casser. Je trouvais ça weird de dire tout ça au doc, alors j'ai juste dit :

-Non, pas du tout. J'ai pas peur des aiguilles.

dimanche 6 septembre 2015

Morts les enfants

La belle Charlotte a mis ça sur facebook ce matin.
Belle chanson de cirque



Estie de trou de cul pareil


Y en a qui trouvent ça drôle la pédophilie.

Le gars la regarde, la trouve belle, lui donne un nom et décide de l'emmener chez lui. C'est un mode d'emploi pour les trous de cul en vacances. Joli, non?

Pourquoi lui demander comment elle s'appelle quand tu peux décider à sa place.

Pourquoi la considérer comme un être humain quand tu peux en faire un objet.

Je viens d'ajouter un tag : Va voir un psy. Sous ce libellé se retrouvent des exemples que si tu te reconnais dedans, tu devrais te rendre service et consulter.

vendredi 4 septembre 2015

Pendant une couple de minutes, j'ai pensé que tu m'aimerais. Qu'il fallait juste que je remplisse tes critères, ceux que tu n'oses même pas t'avouer. Tu penses que c'est pas important pour toi, mais les filles que tu choisis ne pèsent jamais plus que 120 lbs, elles ont pas les yeux croches et elles ont toutes leurs dents qui sont bien blanches et bien droites. J'ai pensé qu'avec un nouveau corps, de nouveaux seins, une nouvelle face, tu m'aimerais. C'est cave hein. Ça m'a coûté cher en plus.

Tout ce temps-là ça me faisait du bien de croire que c'était mon physique qui te déplaisait. Je pouvais me détacher de ça, me dire que ça me ressemblait pas vraiment, que je ne suis pas ça et que tu aimes ce que je suis vraiment, si seulement tu t'y attardais. Mais c'est le package qui t'écoeure. Mes idées, mon langage, ça excite ta curiosité, ça éveille ton intérêt, je suis amusante, mais tu n'as jamais rien trouvé d'admirable chez moi. Tu n'as jamais eu de tendresse pour moi. T'as jamais eu envie de me serrer dans tes bras, de me dire des trucs doux. T'as jamais eu envie d'écouter un film ou d'aller lire à la bibli ou de discuter toute la nuit avec moi. T'as jamais voulu que je fasse partie de ta vie. Et je croyais que c'était seulement parce que tu me trouvais laide.

Et je savais, quelque part au fond de moi qu'après, je ne pourrais plus faire semblant d'être quelqu'un d'autre que ce qu'on voit. Je ne pourrai plus me cacher derrière mon image de clown pour excuser ceux qui m'aiment pas. Tu ne m'aimes pas pour vrai. Tu ne m'aimes pas du tout. Tu ne m'as jamais aimé. Et peut-être que personne ne peut m'aimer comme ça, c'est une réelle possibilité. Peut-être que je n'ai absolument rien d'aimable, c'est peut-être le prix à payer pour être moi. Peut-être que plus personne ne sera jamais amoureux de moi pis c'est correct parce que je pourrai jamais obliger personne à m'aimer, même en gaspillant toutes mes économies pour être cute. Sûrement qu'il faut que je commence par accepter ça pour être heureuse un jour.
Demain ce sera une grande fête. J'aurai le droit de manger du pablum et de la purée de bébé.

jeudi 3 septembre 2015

Chicane

Ça arrive pas souvent. Ça n'arrive plus. Presque jamais. Juste quand je suis folle. Pis je pogne les nerfs, je le traite de sans-coeur parce qu'il tient à son confort. Je crie que ça pourrait être nous. Nous pourrions être bombardés, devoir fuir. Crever en essayant de s'en sortir. Échapper notre bébé dans l'eau.

Et il dit que je suis supposée me reposer.

Comment tu peux dormir tranquille quand tu habites une maison tellement grande que certaines pièces ne sont même pas utilisées tous les jours pendant que d'autres crèvent de faim? Comment tu peux faire comme si t'étais pas responsable, comme si chaque personne ne devait pas mettre une pièce de sa maison à la disposition de ceux qui n'ont plus rien. Comme si c'était au gouvernement à faire de quoi.

Te souviens-tu, mon amour, te souviens-tu comment on est partis de chez nous? Comment la rue ne nous faisait pas peur. Le froid ne nous faisait pas peur. Quand la seule façon de te sentir en sécurité c'est de te pousser le plus loin que tu peux. Toi et moi on a la chance d'avoir une petite idée de ce que c'est tout laisser là pour repartir ailleurs. Quand t'as rien que le linge que t'as sur le dos et un chaudron pis que t'es prêt à te battre, t'as oublié? Si on profite de nos privilèges pour oublier et faire comme si ça existait pas, on est rien que des salauds et on est responsables de la situation. Complices. On a pas le droit. Pas toi.