mardi 31 décembre 2013

Adieu

Puisque je ne peux pas te faire disparaître, ça doit être à moi de disparaître. Demain je m'en vais. Aussi loin que possible de ton fantôme. Tu ne me rattraperas pas à temps. Tu n'as jamais vraiment voulu être avec moi. Je t'ai donné beaucoup. J'attends toujours trop. Toi plus que les autres. J'aurais aimé ça t'écrire une dernière fois, mais je le sais que c'est inutile. Ça fait plus d'un an que je t'écris une dernière fois.

dimanche 29 décembre 2013

-J'écris ce courriel-là au moins une fois par jour : "Désolée, je pourrai pas, on va se reprendre."
-As-tu déjà ta formule à copier-coller?
-Non.
-Tu sauverais du temps.
-Tu trouves pas ça assez cheap de même que je passe ma vie à choker parce que je planifie trop de choses à la fois ou parce que je suis épuisée?
-Ou parce que je m'invite chez vous pis t'es pas capable de me revirer de bord.
-J'ai envie de baiser avec une équipe de football au complet. Mais j'ai pas envie de me laver, me raser les jambes. M'habiller... yark! Pis quand j'ai dit à ma famille que je voulais rentrer en désintox ils m'ont tous offert plein de drogue parce qu'ils pensent que c'est juste pour l'argent. J'ai mis ma vie dans les affaires gratis sur kijiji et personne n'en veut.
-Mais tu fais tes ongles.
-Ça m'aide à me vider la tête. Et à affirmer mon indépendance; je pense qu'il aime pas ça.
-Ah non?
-Il aime pas les effets spéciaux, le maquillage... tout ce que je fais pour ressembler à quelque chose. C'est un gars qui n'aime pas ça.
-Qu'est-ce qu'il aime?
-Il aime me niaiser. Il est bien gentil, il ne me laisse pas l'oublier. Je me retiens de lui répondre, je ne veux pas qu'il écrive, mais je passe mon temps à vérifier ma boîte courriel. Je veux me dire que ça va finir par passer. Mais c'est toute ma vie. Tu peux pas arrêter d'aimer l'homme que t'as aimé toute ta vie. T'as jamais senti que tu devais être avec quelqu'un? No matter what. Fuck la distance, les conventions sociales pis les dommages collatéraux. C'est ça qu'il faut. Il est né pour toi et toi pour lui. Et tant que vous serez pas réunis vous serez condamnés à recommencer parce que c'est votre destin de vous retrouver. Même si vous passez votre vie à tout faire pour vous éloigner l'un de l'autre. Comme ils disent dans les mystérieuses cités d'or : C'est ma vie, c'est mon destin. Peu importe les conséquences.
-Retourne écrire tes histoires, tu as beaucoup d'imagination, je vais faire ta vaisselle.
-Ça m'aide pas à cesser de croire aux contes de fées quand vous me traitez en princesse.

L'hymen de ma tante Pauline

Ma tante Pauline a 84 ans. Elle prend sa marche à tous les jours sur la rue Mont-Royal. Elle s'occupe encore de son fils de 50 ans déficient. Elle a une mémoire phénoménale. Ma tante Pauline a eu trois cancers et a fait de la chimio pendant six mois, elle n'a même pas perdu ses cheveux. Elle ne porte pas de lunettes. On lui donnerait 55-60 ans peut-être. Elle a dit, j'vas l'acheter ton livre et ma mère lui a dit de pas le faire. Moi je pense que ma tante Pauline a fourré peut-être plus que moi parce qu'elle a quand même cinq enfants et y avait pas d'Internet et pas autant de porn alors mon oncle ti-Guy pis ma tante Pauline peuvent sûrement m'en montrer.

-Tu chantes-tu encore?
-Non... non je chante pas.
-Ben oui elle chante. Chante donc quelque chose pour ma tante Pauline, c'est peut-être son dernier Noël.
-C'est peut-être son dernier Noël depuis que je suis née.
-Envoye chante.

Ma mère veut que je chante pour pas que je parle de cul. Je l'ai fourrée, j'ai chanté des tounes de cul. Ma mère est persuadée que j'ai vécu tout ce que j'écris et que je suis quelque chose de bien triste. Quelque chose qu'elle n'a jamais su empêcher malgré tous ses efforts. Parce que c'est moi. C'est juste moi. Je suis juste comme ça. Je suis pas méchante. Pas dangereuse. Juste full sexuelle tsé. Ma mère comprend pas ça. Moi, ce que je comprends pas c'est que ma filleule de onze ans prenne des photos avec la fée clochette à Disney World plutôt que d'essayer de briser le contrôle parental sur son Ipad lui servant à jouer à des trucs tellement bébé que ça me gêne.

Moi à onze ans, je cruisais des gars de vingt-cinq. J'adore dire ça aux mamans déconnectées qui tardent à parler de sexe à leur petite. Elle est pas rendue là. C'est de valeur ma chum, mais c'est pas toi qui décides quand ton enfant est rendu là. Moi, à onze ans, j'avais tout lu sur la technique et je voyais tous les films que je pouvais. Je pouvais passer la moitié de la nuit à regarder des films de cul embrouillés. Personne m'avait encore dit que je pouvais dire non à mon chum. Mais je voulais trouver mon point G. Pis je rêvais de me faire mettre dans le cul par mon prof d'éducation physique. Je me pratiquais à faire des pipes sur tout ce qui me tombait sous la main. J'en voulais tellement que j'effrayais les garçons de mon âge et les hommes aussi. Mais je savais pas que la virginité n'existe pas.

Moi, j'aimerais ça en parler avec ma tante Pauline et ma filleule sans que ma mère et mon frère m'accusent de ruiner Noël ou de penser juste au cul. Parce que penser au cul, c'est quand même penser. Je risque plus d'avoir une idée intelligente en pensant au cul qu'en regardant une partie de hockey ou La voix. Mais ma famille a compris que c'est dangereux de penser. On déconseille fortement ce genre d'activité aux petits et aux vieux.

Il n'y a pas d'hymen, pas de virginité. Juste un gros mensonge. Une histoire à faire peur pour que les petites filles apprenent à souffrir. C'est ça le sexe. Pour avoir du fun faut avoir mal. Devenir une femme ça fait mal. C'est juste pas vrai. Il n'y a pas de virginité, pas d'hymen, les filles ne saignent pas après leur première relation sexuelle. Celles qui saignent, c'est pas parce qu'on leur a perforé ou déchiré quelque chose, juste parce qu'elles sont pas assez mouillées et qu'elles deviennent irritées. Mais qui a déjà dit à sa gamine d'utiliser du lubrifiant la première fois? Mais non, ça se fait tout seul, c'est naturel pis ça fait mal quand tu commences, c'est normal. Fait que choisis maintenant, qui va te faire mal. Le premier. La première fois c'est tellement important. Mon cul. C'est tout le temps important. Faut tous les choisir. Surtout les occasionnels et les amants à usage unique. Et les clients. Une fille doit avoir le droit de choisir, le juge l'a dit la semaine dernière. Faut qu'elle puisse négocier avec le client et l'évaluer, raison de sécurité. C'est juste une question de bon sens.

La virginité c'est un mythe pour empêcher les filles de baiser et pour donner du pouvoir aux hommes sur elles. C'est une ceinture de chasteté dans leur cerveau. Pis les filles comme moi, elle n'y comprennent rien, à toute ces cérémonies, toutes ces peurs et tous ces tabous autour du sexe.

samedi 28 décembre 2013

vendredi 27 décembre 2013

J'ai envie de faire l'amour lâchement avec toi, sur du Léo Ferré.

"les mots que vous employez n´étant plus "les mots" mais une sorte de conduit à travers lequel les analphabètes se font bonne conscience."


"Moi je vis donc ailleurs dans la dimension ixe
Avec la bande dessinée chez un ami"


"Petite frangine du mal
Remettez-vous de la passion
Venez que je vous fasse mal"


jeudi 26 décembre 2013

Sans les cafés, les gares comment faire pour se retrouver

Quand on descendait en Virginie avec mon oncle il mettait des cassettes avec sa musique préférée et il nous présentait chaque toune. L'interprète, le sujet, l'année, le contexte. On faisait aussi des jeux sur la géographie. Mais il voulait pas que je lise. Il disait tu liras à Montréal.

César et ses romains, le gars était pas mal sexy. Pis un gars cocu, ça donne envie de l'allaiter. Se faire baiser par un boys band québécois des années soixante, c'est mon fantasme vintage favori. Légué par ma grand-mère pâmée ben raide devant Dino dans les reprises de jeunesse d'aujourd'hui.





J'ai écrit à Jane : Je vis des histoires romantiques et folles comme celles que je rêvais quand nous avions douze ans et toi tu me disais que c'était impossible. Cette chanson, elle me fait penser à toi. Elle me faisait penser à toi avant de te connaître. Je t'attendais. Quand tu seras près...



Il nous traduisait les chansons. Celle-là, j'avais beau avoir juste quatorze ans, elle me faisait de la peine d'avance. Moi y a pas grand chose que j'aurais voulu dire à mon père. C'est moi qui ai attendu ses mots, toute ma vie. Et finalement, je pense pas que ça aurait changé de quoi.


Et puis Bécaud :
Ton téléphone est sourd-muet
Ton petit théâtre est fermé



Aznavour :
Chaque mur, chaque pierre
Semblaient n'être qu'à nous



Cette chanson, jouait souvent chez nous. Mon père la mettait chaque fois qu'on allait à des funérailles.



Quand on arrivait en Virginie, je regrettais la voiture et la musique. Pour moi c'était comme la meilleure partie du voyage.

mercredi 25 décembre 2013

Suis-je la seule à vouloir crever ce soir.

Je peux tu juste le dire une fois. Juste le dire ici que ma vie c'est de la marde? Que je terminerai jamais mes études. Que j'aurai pas d'enfants pour prendre soin de moi. Que je suis pas capable de finir d'écrire le cirque. Que je suis le dernier choix des gars qui me fourrent. Que ma famille me prend pour une folle. Que mes amis... j'ai pus vraiment d'amis. Je peux pas voir Amélie parce que je suis pas capable de lui mentir à elle. Le pire c'est pas ça, le pire c'est que je fais juste ça, écrire à cause de toi et ça bouge pas. Ça passe pas. Je t'aime encore. Encore. Encore.

Je devrais me tuer parce qu'il est trop tard pour recommencer dans cette vie-ci. J'ai déjà tout gâché. Sais-tu comment je me sens depuis que je te connais? Comme si je n'avais plus rien à offrir.

Parce que je me suis trompée. Me suis trompée avec toi. Avec tout le monde.

La maman de Yaelle m'a donné un super beau cadeau. Des vieux dessins et elle écrit que le coeur rouge, c'est le mien. Mon grand coeur sur tous les dessins de Yaelle. Elle faisait les décors et moi les personnages. Elle s'intéressait déjà aux vraies choses de la vie. La pluie, le soleil, l'arc-en-ciel. Et moi, comme d'habitude. Trop préoccupée par ma robe rouge et jaune et la boucle dans mes cheveux pour remarquer le temps qu'il fait. Le pied noir, c'était comme un présage. Mon grand coeur gonflé qui flotte au bout d'une corde. Oui, j'aurais dû l'attacher, le retenir. À quoi ça me sert d'avoir un grand coeur? Ça me donne rien à moi. C'est tous les autres qui en profitent.

Si tu me considères juste un petit peu, tu vas me donner quelque chose. Quelque chose comme un après-midi.

Flanelle

C'est le matin de Noël.
Ça sent le bacon et l'extrait de vanille artificielle.
Pourquoi est-ce qu'il fait toujours froid dans ta famille?
Flanelle et bas de laine.
Les boutons des chemises de nuit, me donnent envie de sortir mes seins.
Pour me les faire sucer par ton petit frère.
Quand tu bandes dans ton pyjama, je veux pleurer.
Si tu savais ce que ça me fait,
ma foi,
tu passerais ta vie en pyjama.
Je te touche.
T'es dur.
Moi je vois ça comme de la provocation.
Je te serre dans ma main et je tire un peu pour que tu te réveilles.

-J'ai une rage. Il faut que tu m'encules maintenant. J'ai trop le goût, je suis menstruée.
-Hein, quoi?
-Allez, allez! Dépêche-toi. Un petit coup pour Jésus.

Je vais juste ramener les pantalons sous mes fesses et rester à plat ventre.
Tu vas trop vite, t'es trop énervé et tout endormi.
C'est ma faute.
Tu plies.
Ça serait plate que tu débandes complètement.
Noël ça arrive à peu près un jour sur 364 1/4
Je suis menstruée aux 29 jours pendant 3 jours.
Le pic, c'est évidemment le jour 2.
Comme maintenant.
J'ai pas ma calculatrice, mais je sais que la dernière fois c'était en 2004.
Va savoir pourquoi ça me fait ça.
Les hormones, l'utérus qui enfle, je sais pas.
Je sais juste que je te veux dans mon cul tout de suite.
Ça serait plate de gâcher un si beau moment.
Tu te sers d'une main pour te maintenir en forme
pendant que de l'autre
tu te mouilles
tu me mouilles.
Ça cogne à la porte.

-Êtes-vous réveillés?

Tu cries non.
Tout le monde est poli chez toi.
Personne ne va entrer.
Tu enfonces ton pouce mouillé sans trop d'effort
Tu tournes et tu appuies et tu vibres tout en même temps.
Tu le retires et tu me présentes ton bâton.
Tu prends ton temps mais tu ne t’interromps pas.
La progression est lente.
Tu te retires et tu entres encore.
Juste un peu moins doucement.

-C'est ça que tu veux?
-Oui.
-De même?
-Oui.

Tu prends mes cheveux pour les ramener sur le côté
tu m'embrasses le cou.
La caresse de tes lèvres tout près de mon oreille,
pendant que tu me perfores.
Il n'y a pas de choc, de coup.
Tu ne vas pas au fond, tu ne butes pas.
Tu limes en douceur.
Longtemps.
Tu as chaud.

Le détecteur de fumée.
Le chien qui jappe.
C'est toi qui disais qu'on serait tranquille à la campagne.
Je pose ma tête sur mes bras croisés.
Je t'écoute.
Ton souffle.
Je te sens.
Ton cœur battant dans mon cul.
Ça s'en vient.
Tu grossis, ça me fait mal.
Mais je t'encourage.
en faisant la grimace,
en serrant la couverte.
Et je tiens jusqu'à ce que tu relâches
ton petit miracle en mon fondement.
Tu éjacules beaucoup.
Tu trembles et pleures dans mon ventre.
Je reçois ta décharge.
Tu me débordes.

Tu replaces ton pantalon et tu vas déjeuner.

Torture et masochisme #15

Feuilleton traditionnel où se mêlent triangles amoureux et publicités de savon.

Derniers épisodes : #1, #2, #3, #4, #5, #6, #7, #8, #9, #10, #11, #12, #13, #14

L'hiver


Rendez-vous chez lui. Tremblements. Un peu à cause de l'hiver et des bas résille. Pour qu'il la réchauffe en versant sur son dos, des larmes de cire

Sous la douche, se sable et se nettoie méthodiquement. Se parfume en suivant le même itinéraire. Dans le cou. Entre les seins. Entre les fesses. Pas entre les orteils. Un oubli. Il s'en charge avec la langue et y laisse son haleine.

Soigneusement attachée. Délicatement recouverte d'une cagoule. Ses vocalisent accompagnées du chant féerique de la dépanneuse. Écartée devant lui, elle en prend plein le cul. Bien rempli le cul. Bien défoncé. Jusqu'à la hampe il pénètre et une fois au fond, ajoutant tout son poids, il pousse. L'enfonce, la dévierge un peu plus de coup en coup. Elle jouit comme une fillette à Disney World. Une nouvelle dépendance.

Tremblements. À cause de la poudre blanche. Besoin d'elle pour dormir. Elle tient la seringue, retient son souffle en l'injectant. Un acte d'amour. Elle attend qu'il s'endorme pour révéler son secret, un souhait, une prière.

Rêve à quelque chose de beau. Qu’à ton réveil tu ne doutes plus. Comme moi je n’ai jamais douté, que parmi tous les hommes sur cette foutue planète, je ne dormirai jamais si bien qu’à tes côtés. Je veux voir le soleil se lever sur toutes les saisons avec toi. Je t'aime.

#16

Comme Iggy Pop

Jésus, drogue et rock'n'roll.

lundi 23 décembre 2013

Fallait que tu viennes jusqu'ici
pour me rappeler
que je suis encore en amour
Fallait que tu fasses ton épicerie
avec ton panier
plein de céréales bio et de yogourt
Fallait que tu te promènes dans les rues
de mon quartier
que tu tombes amoureux de tout sauf moi ici
Fallait que tu me me surprennes toute nue
pour m'humilier
En passant devant ma fenêtre avant d'aller au lit

dimanche 22 décembre 2013

Es-tu à Montréal?

Si t'es dans le coin on peut se voir. Tu peux passer à la maison. On peut aller marcher dans le blizzard. Tu peux m'inviter chez toi. On pourrait cuisiner ensemble. Ça serait doux. On parlerait presque pas. Sauf pour parler de nos lectures. Pis peut-être qu'on ferait même pas l'amour. Mais on passerait une belle journée, toi et moi.

samedi 21 décembre 2013

Le plus difficile depuis que tu es revenu c'est d'aller chez nos amis quand elle est là.

Nuit blanche

J'ai tellement tout fait pour ne pas m'en faire avec cette journée, ce rendez-vous, ce diagnostique. Je l'ai toujours su. Hein mon amour, au fond de nous, nous le savions que t'es pas comme tout le monde. Voir que je tomberais en amour de même et me désâmerais la moitié de ma vie pour un gars ordinaire. J'ai pas mal plus d'envergure que ça.

Ma mère aussi, le savait. Elle lisait des articles et regardait des films à canal vie et me les racontait. Le gars il est autiste, il fait des affaires bizarres, comme ton chum.

Mon médecin aussi pleurait en nous annonçant qu'on a gagné. Moi j'ai pleuré de toutes les façons, mais de soulagement; pas souvent. Pas comme ça.

Mon médecin a dit que ça prendrait quelques jours à réaliser qu'on a fini de se battre. Elle a dit que je devrais rallonger mes vacances. Que je n'ai plus besoin de m'étourdir et qu'il est temps de rentrer à la maison. De réfléchir à mon avenir politique.

Tout à l'heure, il faut que je dise que je démissionne.

J'ai des tas de documents à lire, des formulaires à remplir. J'ai envie d'écrire un livre sur la vie trépidante des épouses d'asperges. Mais il est tôt encore pour ça.

Et le cirque m'attend.

vendredi 20 décembre 2013

Toutes les raisons sont bonnes pour penser à toi


J'espère au moins que t'es heureux comme ça.

Sophie

Ils veulent abolir le travail du sexe. Moi, je veux abolir le travail, point.
Tu m'as dit que je devrais être candidate, même que t'envisagerais de voter et j'ai dit qu'on me fait souvent c'te joke-là et tu m'as répondu que c'était pas une joke. Je sais que je vous décevrais.



jeudi 19 décembre 2013

Vertiges

Parce que j'ai pas mangé de la journée.
Parce que j'ai enlevé mes lunettes pour être cute.
Parce que le party est chez moi.
Parce que j'ai trop d'appels et de messages à retourner.
Parce que j'ai peur que personne aime mes doigts en canne de bonbon.

Nada


Un jour je vais écrire un film d'horreur et il y aura cette chanson dedans...


Ce que je pense de Mourani

J'ai pas eu besoin de l'écrire, Alex l'a fait si bien et je pense comme lui.

Je dis souvent que lui et moi ne sommes pas toujours d'accord, je le dis jamais que nous sommes souvent d'accord.

Alex c'est un gars pas mal rassembleur.

Je parle encore de ça!

Ce que je pense de Mourani, vous allez probablement voir ça dans le journal demain ou après demain.

Ce que je pense des p'tits péquisss je sais pas si ça vaut la peine d'en parler. Mais je suis juste pas capable de fermer ma gueule. Jules Falardeau qui la traite de grosse niaiseuse. Tu as l'air très intelligent mon chum.

Il faut faire une différence entre devenir fédéraliste, se masturber avec son drapeau unifolié ou simplement ne plus militer et et refuser d'adhérer à un parti qui ne nous ressemble plus. C'est pas comme si on choisissait. On est déjà pris dans le Canada, et le pays proposé par le PQ ne nous convient plus. Ils ont choisi de s'approprier l'idée même de la souveraineté, de l'indépendance et c'est rendu qu'il faut correspondre à des critères fucking discriminatoires pour avoir le droit de faire partie de leur petite gang. Sinon on est tous des caves.

C'est juste une joke tout ça. Parce que la Charte de Trudeau père a préséance. L'avenir nous dira si je me trompe, mais je pense que c'est une maladroite manoeuvre. Une belle bataille épique au moment où on pense que Trudeau fils sera PM du Canada. Ce sera notre charte contre la sienne. Moi, je ne veux pas un référendum pour l'indépendance là-dessus parce que justement, pour moi, l'autonomisation, l'autodétermination ça commence par soi-même et ses concitoyens, en ne réglementant pas sur ce genre de sujet.

Quand j'étais plus jeune j'avais des "convictions" pis je pensais qu'avoir des principes et se respecter ça voulait dire ne jamais changer d'avis et voter toute sa vie pour le même parti et les mêmes idées. Vous pouvez nous traiter d'hypocrites, de traîtres, mais je trouve que c'est une bien curieuse façon de rallier les gens à un projet qui pour l'instant a l'assentiment de quoi? 40% de la population?

Mourani était la seule députée bloquiste de Montréal et on l'a foutue à la porte. Cette charte ne passe pas à Montréal. Pensez-vous arriver à faire un pays sans Montréal? Sans les anglophones, sans les personnes issues de l'immigration? Ça n'arrivera pas. Si on veut vraiment un pays, on a intérêt à se rassembler. Et se rallier au PQ peu importe les idées sous prétexte qu'il faut être souverainiste avant tout, je trouve ça épais rare. Et c'est un peu comme ça que le Bloc est mort. Moi j'ai tué le Bloc quand Duceppe a essayé de me faire accroire que j'avais pas le choix de voter pour lui, la souveraineté en dépendait. Fuck you. C'est juste vos jobs qui dépendent de nos votes. C'est pas les politiciens qui feront l'indépendance. La souveraineté n'appartient pas à un parti, mais au peuple et je refuse qu'on m'impose un pays qui ne me ressemble pas, je suis déjà servie au Canada. Changer pour changer ne m'intéresse pas.


Pis pour se détendre je vous propose un intermède Japonais non ostentatoire. On dirait de la musique de Manga.

Pis là tu te dis, je pourrais en faire juste un peu. Une p'tite sniffe de rien du tout. Je suis en vacances demain. Envoye donc.

mercredi 18 décembre 2013

Le lien entre Se Canto, le gouvernement du Canada pis ma hache

Se Canto, c'est une tite chansonnette que tout le monde connaît. Un genre d'hymne occitan. Ça pourrait devenir l'hymne officiel de la Catalogne, après un referendum gagnant. Composé par Gaston Phebus qui l'écrivait avec un F, un vicomte de Béarn au quatorzième siècle, très attachant. Alcoolique et amateur de chasse. Il a tué son frère et son propre fils après qu'ils aient essayé de l'empoisonner. Il a répudié et chassé sa femme dès après la naissance de leur premier fils. Mais pour sa défense, il lui écrivait des tites tounes pleines d'émotions. Comme Éric Lapointe. Dont il est bien sûr l'ancêtre.

C'était un soir de St-Jean vers 1740, un soir de solstice. Alors que mon patronyme n'existait encore que pour des nobles. Mon plus vieil ancêtre basque du côté de ma grand-mère à s'être pointé de ce côté de l'océan, éviscérait la moitié de l'équipage du navire sur lequel il était trancheur.

Mais c'est quoi un trancheur?
Un trancheur, c'est le gars qui, une fois la morue ouverte, lui retire l'arrête médiane et achève de la saigner. Un métier qui requiert une grande habileté. Il se concentrait tellement sur son travail qu'il chantait Se Canto en faussant toute la journée. Des fois y en a qui riaient parce qu'il faussait. Ça pis le soleil, ça a fini par le rendre fou.

C'était la St-Jean, mon ancêtre avait légèrement abusé de l'eau-de-vie. Il est allé dans la cabine du Capitaine et lui a entaillé plusieurs fois l'abdomen. Il est allé ensuite faire subir le même sort à quatre autres matelots. Bilan de la nuit: trois morts, trois blessés incluant mon ancêtre. Le bateau avec un restant d'équipage un peu ébranlé a fini par rencontrer un autre bateau, a été pris en charge par un autre capitaine et ramené à Louisbourg où mon ancêtre a subit son procès.

Ils l'ont joyeusement décapité et ont fait tirer ses affaires, comme ses bottes, sa hache, son coffre de marin.

Vingt-cinq ans plus tard, son fils déserte en volant une chaloupe et se retrouve pêcheur à Pasbébiac. Pour engendrer quinze générations de dépravés chroniques dont je suis une des heureuses dernières descendantes.

C'est intéressant, la généalogie, la génétique, l'étymologie, la toponymie, l'histoire. Comme disait mon oncle Guy, ça marche toute ensemble ces affaires-là. Sauf que quand tu te mets à t'imaginer que t'appartiens à un groupe, tu pourrais comme, rejeter un autre groupe, ceux qui sont différents genre.

La généalogie, c'est quand même pertinent de se demander pourquoi nos gouvernements nous encouragent et même nous offrent leur soutient pour fouiller leurs registres afin de réaliser notre arbre. Pis tout ça c'est sponsorisé par Ancestry. Ancestry, c'est juste un peu démoniaque comme compagnie américaine qui t'encourage à faire un test d'ADN pour voir avec qui ton ADN fitte, partout dans le monde! Tes petits cousins génétiques. C'est chouette, si tu veux essayer un mariage consanguin comme dans les colonies au dix-septième siècle. Sinon ça sert à qui. Une fois que tu as fait toute la job, tu connais tous tes ancêtres, t'as passé le test d'ADN, le gouvernement du Québec, du Canada, Ancestry, tout le monde a conservé l'info parce que ils font pas vraiment ça pour te faire plaisir hein. Ils font ça pourquoi donc? Pourquoi mon gouvernement tient-il à ce que je fasse tous ces liens? je les ai appelés et ils m'ont pas répondu. Ils m'ont dit, nous sommes heureux de vous permettre de... j'ai dit oui, mais c'est pas ça que je vous ai demandé. Parce que c'est pas vrai. Un gouvernement c'est jamais heureux de permettre quoi que ce soit.

Moi j'ai un bel arbre. Riche en saloperies. Je pourrais vous parler de la petite Marie, une sauvage qu'on a mariée à 10 ans avec un vieillard. Ou encore vous raconter la marâtre aux dix bébés morts. En veux-tu de l'inceste, de la barbarie, de l'utra-violence pis du sang?

Qu'est-ce qui va se passer quand le gouvernement va identifier mon patrimoine génétique comme un problème et une entrave à la productivité et la sécurité du pays? Ça sera pas difficile de repérer les indésirables. On s'est tous dénoncés volontairement en échange des dossiers de soldats de nos grand-pères ayant combattu au service de sa majesté...

Se Canto, ça peut être interprété de bien des façons, comme fuck les frontières pis les conventions sociales, je veux qu'on soye proches toé pis moé. Fuck le gouvernement. Le gouvernement pis ses lois illogiques et destructrices. Vive la nature, l'oiseau qui chante en d'sous d'ma fenêtre, pis l'amandier qui donne des fruits pis le peuplier qui sert de nid. L'oiseau chante pas pour moé bébé, il chante pour toé qui est loin. Ain't no mountain high enough to keep me from getting to you babe. Je vais finir par revoir tes yeux. Qu'y essaye donc de v'nir nous pogner, le gouvernement. C'est le solstice, j'ai ma hache et une sale envie de sexe.

mardi 17 décembre 2013

J'ai le goût de toi.
J'y pense tout le temps.
Je sors juste pour te rencontrer par hasard.
Et voir. Te voir. Les vêtements que tu as choisi,
tes cheveux.
As-tu le même manteau que l'an dernier?
Je sais que ça arrivera.
Tu le sens aussi, le magnétisme.
Tu gardes une distance parce que t'as peur
de plus pouvoir t'éloigner après?
Tu attends qu'on soit vieux, que je sois veuve?
On peut se niaiser encore des années comme ça
ou on peut juste se donner rendez-vous, chez toi.
Tu fais quoi pendant les vacances?

lundi 16 décembre 2013

Gaetan pis moi, on vient de la même place

On vient de la même place. Le gars qui était barré à vie de la piscine Généreux. Genre le gars le plus tannant de l'école Garneau. Il a rendu trois curés fous. Me souviens tellement bien de Gaetan et j'ai tellement entendu tout et son contraire à son sujet depuis dix ans. Croiser les versions de Claude Poirier, de mon frère, Reg et Katou, ça donnait des histoires assez sordides. Tout ce que je peux dire, bien honnêtement, c'est que je vois pas où est la fiction dans cette histoire. À la garderie on savait qu'il finirait par être dangereux.

Je vais tellement aller voir Gaetan au cinoche.
Avec tout ce qu'il faut faire pour arriver à se voir, tu viendras me dire après que quand tu cherches une aventure c'est parce que tu veux plus de spontanéité dans ta vie. Quand faut que tu planifies ton coup pendant trois semaines, allô la spontanéité. La spontanéité c'est plus facile à vivre à l'intérieur du mariage. Comme tantôt quand il m'a prise par surprise entre deux brassées de lavage.

dimanche 15 décembre 2013

Ce sera pour une autre fois Lou Reed

Bébé chat et moi restons à la maison aujourd'hui.

Mais si tu m'écris pour aller prendre un café sur la Tario, je vais dire oui.

samedi 14 décembre 2013

Seras-tu là dimanche?

Cette nuit quand il commencera à neiger, je vais sortir et marcher jusqu'à ce que je tombe sur toi.

L'ombre

Pour tes suggestions de films sur la vengeance, merci Roger Tabra. Je sais pas si je t'ai déjà dit que j'ai acheté ton album quand j'avais quinze ans. Je trouve que c'est de la belle musique de cirque.

L'amour est parti en errance
On croit pouvoir s'aimer encore
On dit que c'est la vie qui danse
Quand on entend rire la mort
J'entends souffler le vente des grives
Sur ce désert émasculé
Où tout fout le camp à la dérive
L'amour s'écroule bafoué
Moi j'agonise

La dernière inutile comme ton existence
Existence imobile demain tu recommences
Demain tu recommences et recommenceras
Tu veux croire à la chance, elle ne reviendra pas
Il faut croire à l'oubli de la partie d'avant
Il faut croire à la vie parce que la vie nous ment

Le bleu des cicatrices
où le sang devient noir
...
Pas d'issus de secours au pays d'autrefois
Juste une ombre qui court au loin là-bas
Les bras en croix

Pour faire peur à ma mort et pour vaincre l'effroi
Elle a posé son corps entre l'hiver et moi

Mais une ombre le suit qui ressemble à la tienne
Je sais que tu dis oui à tous ceux qui te prennent
...
Ça n'a pas d'importance être mal être bien
simplement le silence plus personne et plus rien

L'ombre de vos corps 
traverse mon espace

Hier au soir les voisins sont venus
On a bien ri j'ai peut-être un peu bu




Comme j'ai mal


Ça te tente-tu de prendre une marche avec moi? Je parlerai pas beaucoup. J'ai pas l'énergie pour coordonner ma pensée. Mon temps de réaction est lent. Invite-moi chez toi ce soir. Je dors plus. J'ai pas faim. Invite-moi à dormir. Comme si on était des ti-culs. On boit du chocolat chaud pis on se colle. Je vais être partie avant que tu te lèves.
Quand tu perds un de tes parents, il se passe de quoi pendant quelques jours. C'est comme quand tu avais cinq ans et que ta mère t'a laissé dans un banc de neige parce que tu voulais plus marcher et qu'il commençait à faire noir et qu'elle a tourné le coin de la rue pour te donner une leçon; sauf que ta mère revient jamais. Tu parles avec une petite voix. Tu voudrais juste manger de la soupe pis regarder Charlie Brown. Tu penses à tout ce que cette personne t'a appris. T'as l'impression que t'a perdu les jambes, mais va savoir pourquoi, t'es encore capable de marcher. Tu veux qu'il qu'elle soit fière de toi.  T'as l'impression que l'autre avait pas de défaut. Et t'as compris trop tard. Tu penses à tout ce que t'as pas dit. Tu fais des bilans. Tu fais des cauchemars.

Mon petit frère est resté barré sur ce sentiment. C'est un petit garçon qui veut satisfaire notre père. Il pense à lui tous les jours. Mais cette semaine c'est pas facile. Il m'a téléphoné pour me demander si j'avais fait quelque chose de spécial. Mais Einstein, papa est mort. Qu'est-ce que tu veux que je fasse pour lui.

Et j'ai bloqué le téléphone pour pas qu'il entende ma voix se briser quand j'ai compris que même si je veux pas y penser mon corps lui, y a pensé. Mes pas m'ont menée à la Belle province où j'ai commandé un moutarde choux pour apporter, ils ont mis quelques patates dans le fond de mon sac parce qu'ils sont fins de même à ce resto-là. Je suis sortie et j'ai mangé mon hot dog au froid en me gelant les doigts. Je savais pas pourquoi je faisais ça. Manger un hot dog à moins vingt en marchant sur la Tario. Pourquoi ça m'a pris de même? Parce que c'était le hot-dog préféré de mon père. Parce qu'on mangeait ça dans les estrades à l'aréna Camilien-Houde pendant que mon frère jouait au hockey. Parce que ça fait six ans qu'il est mort et que je fais semblant de pas m'en rappeler, mais mon corps, lui, s'en souviens.

Et mon petit frère, moins hypocrite que moi, hurle partout sa douleur sur les réseaux sociaux. Papa ne l'a pas vu, ne le verra jamais devenir un homme.

Quand tu perds un de tes parents tu réalises tout à coup à quel point il faut être égoïste pour mourir. Et laisser tous ceux qui t'aiment le coeur ouvert, la tête bouffée par les doutes, déambulant sur la Tario les yeux brouillés, la voix étranglée, une haleine de fumée, les mains qui sentent le vinaigre, gelées dans leur mitaine.

vendredi 13 décembre 2013

J'aime pas les garçons trop grands.
Parce que pour qu'on s'embrasse ils doivent se pencher
alors c'est jamais moi qui décide.
Tout à l'heure pendant qu'on faisait l'amour
j'ai failli te demander d'arrêter.
Alice a dit que la nouvelle camisole fait des belles boules à tout le monde. Moi j'étais juste contente de rentrer dedans même si elle est mauditement moulante. J'ai insisté pour qu'on la fasse. Avec le signe de L'Injecto comme un chandail de BD. Comme Batman. Pis en plus c'est rouge et jaune comme dans la chanson de Jean Leloup pis comme le cirque. Elle est belle la camisole. Et aujourd'hui, Alice et moi on va traduire Heroin. Ça va donner de quoi comme :


Je m’en fais pus pantoute
avec tous les pouilleux du coin
Et tous les politiciens qui font des bruits absurdes
Et tout le monde qui s’entretue
Et tous les cadavres empilés en tas

Confidence

Je veux continuer de travailler avec Alex parce même si nous ne couchons pas ensemble, personne d'autre ne me parle de la Catalogne en ce moment.

jeudi 12 décembre 2013

Broke and hungry

Mymy débarque dans mon bureau et me dit : Faut que tu mettes Annoying sur youtube. Tu vas voir sont bons, c'est mes amis.



Sont bons en sacrament, ses amis.


Alice aime les voix rauques.



Moi j'aime l'ensemble.

Je suis pas capable d'arrêter de les écouter. Je les trouve tellement beaux et vrais...

S'habiller pour les aveugles.

Le matin je choisis mes vêtements en me demandant lesquels tu préférerais voir sur moi.

Ce soir Alex a dit une belle phrase de cirque

Je veux qu'il y ait du monde à mon party, sinon que diront les gens?

mercredi 11 décembre 2013

Je l'aime ma job

-Hey Cannelle, toi veux-tu faire la chlamydia?
-Ça prend quelqu'un pour jouer la chlamydia. Faudrait que tu te fabriques un costume.
-Ça c'est pas juste, vous savez que j'accepte n'importe quoi si ça implique que je me costume!
-Tu vas être belle.
-La plus belle chlamydia que vous avez jamais eue.
J'ai pas peur de tomber amoureuse, je le suis déjà.
J'ai seulement peur que tu en profites.
Mais je serais pas amoureuse si t'étais ce genre de salaud.

Demande-moi

Demande-moi de t'attendre dans ma chambre.
Et de porter ma culotte noire et la robe en latex.
Demande-moi de fermer les yeux.
Et d'ouvrir grand et de tirer la langue.
Demande-moi de deviner ce que tu mets dans ma bouche.
Et de goûter encore si j'hésite.
Demande-moi de te pomper le dard.
Et de te prendre jusque au fond de la gorge.
Demande-moi de te lécher les couilles.
Et de les mettre au complet dans ma gueule.
Demande-moi d'écarter les jambes.
Encore plus pour bien voir.
Demande-moi de m'agripper.
Et de rester tranquille pendant que tu te frayes un chemin.
Demande-moi de me rouler la bille
Et de ne pas te regarder dans les yeux.
Demande-moi si je te sens me déchirer.
Et de me cambrer davantage pour que tu entres plus loin.
Demande-moi si j'aime ça.
Et ordonne-moi de jouir.
Texte-moi
J'ai un urgent caprice
Viens m'enculer
tout de suite.
La face accotée sur le cuir frette.
Dans ton vieux char
même pas de chauffrette.
Juste en relevant ma jupe
en tassant mon string.



mardi 10 décembre 2013

Sale con

Toi tu penses que parce que j'ai le coeur brisé, je vais te laisser me fourrer tout croche et m'essayer dans le cul.

J'attends que tu me parles

Je t'ai vu et tu ne me vois pas. Ou tu fais semblant pour pas venir me parler. Je t'ai vu, j'ai pris le temps de te regarder, te détailler encore. Je m'ennuie. Je pense à toi tous les jours. Les jours sont comptés depuis nos derniers échanges. Me sens conne. Me sens imbécile. J'ose pas aller te parler. Mais j'ai le coeur plein de bleus comme si t'avais fessé dedans à grand coup de poings. Je t'aime câlisse. C'est con. C'est inutile. Je veux arrêter. J'ai peur d'avoir à te le dire pour que ce délire-là prenne fin. Te le dire, m'en prendre un dernier dans la gueule quand tu hausseras les épaules légèrement mal à l'aise parce que toi, tu m'aimes pas. Je suis tannée d'avoir douze ans.

Lou Reed en français

Je me suis précipitée, j'ai pas perdu une minute et je lui ai dit Heroin est à moi. À moi!


dimanche 8 décembre 2013

samedi 7 décembre 2013

Je sais pas où t'es, ce que tu fais. Moi j'essaie d'écrire le cirque malgré toi. J'y arrive presque avec l'aide de Mahler et beaucoup de drogue.


Un expert à télé-Québec

Une des pratiques les plus à risque de transmission des ITSS c'est l'éjaculation faciale. Je sais pas quel fun il peut y avoir à éjaculer sur la face de quelqu'un ou se faire éjaculer sur la face par quelqu'un, mais cette pratique devrait être interdite ne serait-ce que pour des raisons de santé publique.

Ça c'est un discours réaliste en estie. Interdis la sodomie aussi. Pis les relations hors mariage un coup parti.

L'esprit des fêtes

Comme le disait mon patron cette semaine, se mettre guerlot l'après-midi pis se ramasser saoul à sept heures du soir, ça n'a pas de prix.

On a hâte en christ d'écouter ciné-cadeau en pyjama.

Le genre de compliment qu'on invente juste pour moi

De toutes les personnes que je connaisse, 
si je reçois un télégramme chanté, 
je saurai qu'il vient de toi!

jeudi 5 décembre 2013

Et j'ai si honte. Comment est-ce qu'une fille comme moi peut se plaindre d'être victime de violence sans passer pour une menteuse? Même moi, j'ai du mal à y croire. Je suis pas cette fille-la moi. Je suis pas une victime. Je suis pas faible. Je ne me laisse pas faire.
Aujourd'hui, j'ai peur de devoir payer un homme pour me consoler, parce que les garçons que je connais ne font pas ça gratuitement et j'ai trop besoin de pleurer dans les bras de quelqu'un. Je suis tellement toute seule. J'ai dû faire quelque chose de mal sans que je le sache pour qu'on me laisse mourir de chagrin comme ça.
Si je mettais bout à bout toutes les journées que tu as gâchées, je me demande combien d'années j'ai perdues avec toi?

mercredi 4 décembre 2013

Tannant

C'est pas moi la tannante. Moi, je suis là pénarde avec mes chiffres et ma calculatrice. C'est toi qui me fais rougir au travail en me parlant de ma petite chatte. Qui je le crains n'est peut-être pas si petite puisque proportionnelle au reste de ma personne. Aimes-tu les grosses chattes chaudes et accueillantes? Je suis surtout douée pour le comfort sex, tu sais. Moelleuse. Je suis quand même bien étroite comme une jeune fille, ce qui explique ma réticence à te laisser m'y enfouir ton gros poing. Mais si tu continues de me faire les yeux doux et de m'appeller ma belle, je pourrais être assez conne pour te faire confiance. T'as le tour avec moi, mon maudit cochon.

Rassure-toi

Que dire de plus.




mardi 3 décembre 2013

Pourquoi tout le monde m'aime?
Tout le monde veut me réserver
pour un soir.
Tout le monde me rappelle pour me revoir.
Tout le monde veut me déshabiller.
Tu as toujours été différent des autres.
Tu t'es accroché dans une nouvelle fille,
je ne suis plus du tout celle qui te fait rire.
J'attends ton prochain message
et je ne veux pas craquer,
ne pas t'écrire la première.

Quand j'étais juste une invention,
avant que tu ne me retrouves dans la foule,
toi aussi, tu y as pensé.
Quand j'étais anonyme et que mon visage n'existait pas,
quand tu n'avais que mes mots,
j'étais belle, assez belle pour toi.
Je sais comment tu me voyais,
cette image, je l'ai dessinée
pour te distraire et t'attirer.
J'ai pas voulu être malhonnête.
Je t'intriguais et tu me trouvais drôle.

Tu m'écrivais pour me dire
que je suis unique.
C'était pas moi. C'était ton rêve.
Je suis en réalité une fille générique,
j'existe en tout plein d'exemplaires.
Jetables.
Tu as trouvé une formule qui te convenait mieux.

Je voudrais y retourner,
à nos premiers petits mots timides,
à nos échanges nocturnes.
et à tout ce que je partageais avec toi.



lundi 2 décembre 2013

Magasinage de lundi malade mental

Je cherchais justement pas un mais bien deux hymens.

Égorgé à l'aide d'un sabre Japonais, pourquoi papa?


Moi cette année j'ai fait un arbre Allô Police.

L'an dernier, c'était un garçon tranquille.
Pour ce Noël, je vais m'envoyer un garçon tannant.
Dans un hôtel cheap.

-Ma psy aime pas les jokes de bébés morts.
-Ah non?
-Non, je lui en ai conté une. Elle est restée sérieuse et m'a dit qu'elle trouvait pas ça drôle. Alors j'en ai raconté une pire que la première pour essayer de la faire rire, mais elle a dit qu'elle aimait pas rire des bébés morts.
-Faut que tu changes de psy.

samedi 30 novembre 2013

Noël punk

C'est chez moi Noël et Alice a dit qu'elle allait faire un crackhouse en pain d'épice. Ça va être magique.
Ça fait trois ans que je me mets à pleurer en sortant le sapin de sa boîte. Je suis pas capable d'arrêter de trouver ça triste, faire un sapin toute seule. Je trouve ça triste, être toute seule. Savoir que ça changera pas. Attendre que quelqu'un veuille faire un sapin avec moi, c'est inutile.

Il est venu me dire qu'il ne viendrait pas. Il est comme ça. On se rencontre à la bibli on marche quelques blocs et il me plante là. Il m'a prise dans ses bras, j'ai pas pleuré parce que j'allais à mon show. Moi je voudrais qu'il arrête de me faire de la peine, mais c'est à moi de ne plus lui en donner l'occasion.

Tout le monde est si gentil, mais personne est assez saoul pour me pogner le cul. 

vendredi 29 novembre 2013


Il a dit que je lui manque.
Nos matins lui manquent.
C'est tu pas cute.
J'ai dit, t'aimes ça pour vrai?
Quand j'arrête pas de parler avant que tu prennes ton café?
Il a répondu tu sais que je t'aime.
Et j'ai mis la main sur ma bouche
et j'ai commencé à pleurer.
Je voulais pas ça, je le jure.
Je voulais juste t'oublier avant que tu reviennes.
C'est sûre que j'ai tout fait.
J'ai été gentille et jolie et brillante aussi.
Mais je pensais pas que ça fonctionnerait.
Moi aussi j'en ai assez.
De tous tes voyages là-bas.
Et mes enfantillages.

mercredi 27 novembre 2013

C'est de l'humour?

Je voudrais faire de la bière pour les grosses féminisss poilues enragées comme moi. Des bières poétiquement sexiste. C'est juste de l'humour. Quand t'as pas envie de boire une petite pute ou une blonde facile. Parce que je me lève chaque matin et je passe à travers ma journée en n'ayant qu'un seul objectif: dominer les hommes.

Je prendrais bien

Une grosse corvette...
Une disfonction érectile
Une décrocheuse
Une demande de divorce
Une pension alimentaire
Une garde exclusive accordée à la conjointe
Une dépression nerveuse
Une tentative de suicide
Une castreuse d'hommes en désarrois

Quelque chose que je trouve super drôle c'est l'isolement des hommes. Pis nier pis ridiculiser leur condition. Pis j'aime beaucoup aussi qu'on les traite comme des graines. Qu'on les élève à penser et se comporter en graines. J'adore dénigrer les hommes parce qu'ils m'ont dit que c'est ça être féministe. C'est haïr les hommes. Leur détresse, ça j'aime ça. J'aime traiter les hommes qui pleurent de tapette. J'aime faire des fausses plaintes de violence conjugale. J'aime ça autant que toi t'aimes rire des putes. Ça s'équivaut comme sentiment de plaisir et de supériorité que ça procure. Comme tuer un petit chat. Tu le sais que t'es un enfant de chienne, mais tu le fais, c'est ça qui est bon.

Moi j'ai arrêté de tuer des chatons un jour quand j'ai décidé que la vie c'était précieux. Que faire mal, c'est pas une façon de se faire du bien. Je supporte pas qu'on ridiculise les hommes. Une femme, pour toi, ça vaut tu plus ou moins ou à peu près la même chose qu'un petit chat? Qu'un homme? Ça mérite-tu plus de respect qu'une guenille d'après toi?

Un homme, un vrai, ça ne supporte pas ce genre de connerie. Je leur souhaite la faillite. Rien de moins. Ça prend juste des psychopathes, des personnes asociales ou déficientes à toutes sortes de niveaux pour consommer de ces bières-là.

J'espère que t'es pas comme ça.

C'est à cause de Josée di Stasio

Si seulement vous investissiez un peu plus de temps à améliorer nos conditions de vie et en perdiez un peu moins à nous dénigrer, à essayer de nous écraser et à vous regarder et vous crosser sur vos esties de hamburger de sanglier qui coûtent les yeux de la tête. La différence entre vous et ceux qui cassent, c'est qu'ils vous comprennent très bien. Ils savent votre plan, vos aspirations, votre insensibilité meurtrière. Alors que vous êtes trop imbus de vous-mêmes pour simplement vous intéresser à l'autre, c'est bien trop dangereux, ça pourrait vous apprendre quelque chose et vous courrez le risque de réaliser que vous avez tort. Après ça, quand on refuse de changer, on a l'air cave.

J'ai encore rencontré personne qui est venu vivre dans hochelaga et qui n'a pas mille commentaires négatifs à formuler. Tu trouves ça triste et trash. Tu veux que ça change. Qu'est-ce que tu fais ici alors? T'en profites pour t'acheter un immeuble à revenus et t'enrichir sur notre dos? C'est toi l'estie de sale qui augmente mon loyer juste pour avoir plus de cash et aussi un peu pour que je sacre mon camp. Tu te pars un bon resto pis tu penses que tu sauves le monde. Wow t'as amélioré le paysage, on aime ça le contraste. Grâce à toi ceux qui n'ont pas une cenne réalisent un peu plus à chaque jour, que tu peux dépenser en un souper ce qu'ils mettent plusieurs jours à gagner. Et maintenant ça se passe tout près de chez eux. Dans leur face. Y a même du monde qui vient d'ailleurs pour y manger, alors que nous ne sortons d'ici que pour aller à l'hôpital. Tant qu'on va vouloir "attirer" des familles et des investisseurs plutôt que de travailler avec les gens d'ici afin de leur permettre d'accéder à une éducation supérieure et à des postes de décision. Tant qu'on se fera chier dessus par une élite étrangère aussi déconnectée que méprisante qui ne comprend rien à notre culture, au point de croire qu'on n'en a pas, on n'a pas fini de passer le balai.

Je n'aime pas me taire. Mais je ne peux pas parler. Pas maintenant. Votre réaction au vandalisme me brise le coeur. Et j'ai de moins en moins envie de faire de la politique. Et vous me demandez si je sais qui a fait ça. Si je les connais. Je sais pas. Je suis pas le genre de personne à qui on se confie quand on pose ces gestes-là. Et je fréquente surtout du monde trop fatigué pour réfléchir en rentrant de travailler. Mais ce que je sais, c'est que c'est juste du monde comme moi. Juste du monde qu'on essaie de tuer.

Josée di Stasio, la prochaine fois qu'elle vient, elle devrait s'arrêter à la cuisine collective, si jamais elle veut vraiment rencontrer du monde d'Hochelaga. Parce que vous pouvez bien essayer de faire croire à tout le monde que la culture d'Hochelaga a changé, on n'est pas encore mort. Même qu'on est capable de lever et lancer des briques encore pour un bout.

Oscar Wilde

J'avais seize ans et ma prof de Français m'amenait au théâtre. Je me souviens de Denis Bernard dans son costume bourgogne dans le box des accusés.

Après j'ai eu envie de lire de la poésie en anglais.



“Yet each man kills the thing he loves,
By each let this be heard,
Some do it with a bitter look,
Some with a flattering word,
The coward does it with a kiss,
The brave man with a sword!
Some kill their love when they are young,
And some when they are old;
Some strangle with the hands of Lust,
Some with the hands of Gold:
The kindest use a knife, because
The dead so soon grow cold.
Some love too little, some too long,
Some sell, and others buy;
Some do the deed with many tears,
And some without a sigh:
For each man kills the thing he loves,
Yet each man does not die.”

Ils ont inventé le suicide pour que je t'oublie.
Si je veux vivre faut que j'accepte de garder
un souvenir de toi.

Je t'aime, tu m'exaspères

Je refais les calculs,
on n'est jamais trop prudent en astrologie.
J'étudie les signes.
Je repense à chaque clin d’œil
Chaque grimace
Chaque sourire
virtuel
J'ai jamais su te décoder;
le cyber espacement.
Je tente de rectifier le mouvement.
J'analyse la courbe.
Le temps ne plie jamais du bon bord
jamais de mon côté.
Comment l'univers ose-t-il continuer son expansion
et toi poursuivre ta trajectoire?
Alors que je me détruis
m'émiettant toute seule
C'est vrai que je suis plus petite
plus fragile
vulnérable.
Comme si j'étais la seule à pressentir
appréhender
espérer le choc.
Les perturbations de mon atmosphère.
À chaque effleurement.
Chaque fois que tu passes pas loin
et qu'on fait semblant de pas se voir
et qu'on ferme les yeux.
En retenant son souffle.
Mais vas-tu arrêter de me tourner autour et me rentrer dedans enfin.

mardi 26 novembre 2013

Affection

Je t'ai dit que j'ai peur de toi.
Tu m'as dit que tu veux simplement me donner de l'affection.
Tu comprends pas que ça m'effraie autant.
L'affection.

dimanche 24 novembre 2013

C'est bien beau tout ça, mais j'ai personne avec qui baiser ce soir.

C'est avec toi que j'ai envie d'en parler

Bien sûr j'étais trop maquillée. Trop décolletée aussi. 

Le gardien de sécurité essayait de m'empêcher de passer, ça c'est l'histoire de ma vie.

Danielle s'est mise à pleurer et elle a dit "Je suis fière de toi cocotte."

À côté de moi il y avait Christophe Bélair, un enseignant imagine-toi donc. Il sait pas à quel point il est chanceux de porter une alliance celui-là. Avec ses converses, ses yeux bleus pis son yoyo. Christ que je l'aurais sucé. Y aurait eu peur tellement je l'aurais sucé.

Catherine est passée me voir. Elle connaît Christophe aussi, elle m'a pas dit qu'elle avait envie de le sucer, Catherine, elle a de la classe.

Monica venait pour voir Michel Tremblay, mais c'est moi qu'elle a pris en photo. Elle a lu mon premier roman quand j'avais treize ans. Celui qui parlait d'un amour impossible avec un enseignant aux yeux bleus.

Une super belle fille est passée pas loin de moi, je l'ai vu lire le titre de mon livre. On s'est sourit. Elle semblait tellement délicate. Comme une fée. Elle est revenue pour me demander si c'était moi Cannelle. C'était l'adorable Miss C.

Ma mère est venue me voir. Mon petit frère m'a donné des chips et m'a présenté sa blonde. Tous mes amis sont venus.

Carole passait par là et elle était super surprise de me voir.

Juliette, dix ans, récoltait des autographes. Je lui ai écrit un petit mot et j'ai signé C. Elle a repris son carnet et a écrit mon nom sous ma signature. Je lui ai dit que j'aimais beaucoup sa crinoline et son étoile dans le visage comme Antoine Gratton. Je lui ai dit que je regrettais de pas avoir dessiné une étoile sur ma joue, moi aussi.

Anne. Belle. Grande. Un enfant dans chaque main. Anne a choisi mon livre à moi. Elle m'a dit qu'elle me donnerait ses commentaires. J'ai répondu que j'étais très facile à trouver.

J'ai sourit à tellement de gens que j'ai mal aux joues.

Et toujours aucune nouvelle de toi. 



Je suis pas du tout stressée d'aller au salon du livre tantôt. Je suis trop occupée à ramasser l'eau qui coule dans le garde-robe de ma chambre...

samedi 23 novembre 2013

Winnie

Des fois j'oublie que Winnie a juste dix-huit ans. Elle a quitté l'école à quinze ans pour aller travailler au Masson hot-dog avec Vivi. Elle est partie de chez mon oncle à seize ans. Elle boit pas, elle fume pas, elle est très sérieuse et travaille très fort. Elle me rappelle quelqu'un. Devenir une femme trop vite, c'est sûrement génétique. Elle est tellement jolie et elle prend soin de tout le monde. Elle fait le ménage chez mon frère. Servir les hommes, c'est comme ça qu'on nous a élevées. Quand Winnie ne travaille pas elle magasine et fait sortir ma mère. Elle emmène ma mère se promener chez Rossy. Lui achète de la laine pour qu'elle tricote. Winnie travaille dans un Presse Café et elle adore ça. Des fois j'oublie que Winnie a juste dix-huit ans. Elle a un condo, elle gâte les enfants de tout le monde. Je me souviens de ces quelques années, vers cet âge, où je lui ressemblais. Je ne trouvais pas le monde trop petit pour mes rêves, je rêvais pas vraiment d'autre chose que d'écouter mes feuilletons en pliant du linge. Avoir hâte à Noël pour faire goûter une nouvelle recette. Quand je me dévouais et que ça me rendait heureuse de disparaître. De ne plus écrire mon nom, préférant le sien. Des fois j'oublie que Winnie a juste dix-huit ans, mais je me souviens ce que c'est que d'être trop vieille, trop tôt.
Ma vie peut pas finir comme ça.
Je ne ressens plus rien.
Sauf quand je perce ma peau avec une épingle.
Je pense à toi quand il faut pleurer devant la caméra.
Et je fouille partout pour te retrouver.
Je me concentre où tu n'iras jamais.
Je suis revenue habiter au marais.
Pour augmenter mes chances d'échouer.

Ton absence.
À chaque représentation.
Ton silence.
Pendant que je meurs en criant ton nom.

Tous les rendez-vous
annulés,
les promesses que tu n'as jamais eu l'intention
de tenir,
tous ces mots que je relis quand il fait noir.
Je rêve encore d'écrire avec toi.

Y a pas de drogue assez forte
ni d'homme assez fort.

Y a pas de foule assez dense
pour que j'oublie ton regard.
Les crises se rapprochent.

J'ai si peur de te croiser quelque part
avec une fille qui me ressemble.
Juste un peu plus belle,
un peu plus gentille.

Je ne veux plus sortir d'ici.

Se réveiller avec Sunday morning

Peu importe la journée.
Après s'être couchée sur Héroïne.

vendredi 22 novembre 2013

Morphine mon amour

Aux grands maux, les grands moyens.

C'est moi qui mène
Je vais te dire où et quand.
Je te dirai aussi comment t'habiller.

Elle se pète la gueule en transportant une assiette

Ça a craqué dans mon poignet.
Il a toujours marqué les pages où ça fourre pour moi.
Aujourd'hui, il me marque en plus, les pages où ça féminise.


jeudi 21 novembre 2013

Il a dit tout ce que j'aurais voulu que tu me dises.
Pourquoi ça fonctionne avec les autres et pas avec toi.
Pourquoi je reste attachée à ce fantasme impossible.
Alors que t'es même pas si gentil et tu ne tiens pas tes promesses.
Faut pas croire les promesses, je le sais.
Moi, je ne promets jamais rien à personne, c'est plus sûr.
Je vais finir par te détester.
J'espère que tu vas bien.
Que tu as tout ce que tu veux.
Je réentendrai parler de toi un de ces jours
quand tu auras besoin d'un service ou d'une pipe.
J'aimerais, ce jour-là, être capable de dire non.

Bien

 Bien de Catherine Major, je l'écoute tout le temps, ça me rentre dedans et je peux pas l'apprendre je suis trop occupée à pleurer. Amadeus aussi. Pis toutes ses autres tounes finalement.


mercredi 20 novembre 2013

Comment ça se fait que je le connaissais pas avant aujourd'hui?

C'est triste de tomber amoureuse d'un monsieur déjà mort.


Ma petite Mymy a mal à la dent. Ça fait mal avoir mal aux dents. Surtout quand t'es trop pauvre pour voir un dentiste. Parce que le dentiste et la pharmacie ne font pas crédit et le pusher oui, quand on a mal aux dents, on prend de la coke,  de la kétamine, de l'hydromorphe ou même du smack. N'importe quoi. Ma petite Mymy est toujours de bonne humeur, elle sourit tout le temps, elle est toujours prête à aider tout le monde. Aujourd'hui elle pleure, parce qu'elle a mal aux dents.

Ça fait que si y en a un sacrement aujourd'hui qui vient me dire qu'il paie trop cher d'impôt,  je le tue. Y a pas de métaphore là. Je le tue le tabarnak.
Une fois j'ai demandé à Mémère, nous autres on est quoi. De quoi, on est quoi? On est quoi comme indien? Mohawk, Micmac, Montagnais? Je l'sais-tu moi, a répondu Mémère. Mais tu l'as jamais demandé à Mémé on est quoi? Appelle Mémé pis demandes-y. J'ai appelé ma Mémé, la mère de Mémère pis je lui ai demandé on est quoi? Elle a crié dans le téléphone, que c'est que ça peut ben faire? Ils nous ont toujours appelés les sauvages.
Je te parlais d'accessibilité à la culture.
T'as dit on va aller au musée, j'ai une carte privilège.
Ça me coûtera rien.
Je suis encore la quêteuse.
Je vais encore dans les banques alimentaires.
Et je me fais payer toutes sortes d'affaires.
Et je peux pas t'en vouloir
Et je peux pas refuser
Tu voulais pas me faire de peine, je sais.
Mais c'est pas moi qui ai besoin d'aller au théâtre une fois de temps en temps.
C'est tout le monde.

lundi 18 novembre 2013

dimanche 17 novembre 2013

Julien Gauthier

Il expose au Bobby Mcgee, c'est tellement beau ce qu'il fait. Je le connais un peu Julien. Demain je vais cuisiner avec lui toute la journée. Si vous voulez goûter ce qu'il fait, vous avez juste à aller à l'Atomic et acheter du chili. Moi je connais la recette, c'est trop bon. Mais si vous voulez l'aider à manger, vous lui achetez une toile. Sinon vous pouvez aussi prendre un café au Bobby Mcgee. Ça vient d'ouvrir et c'est déjà la place dans Masoch. Ça fait vivre des fournisseurs locaux, plus de dix employés, une comptable magnifique... et le proprio est tellement sexy, ça vaut le détour.
J'ai la gorge serrée, je me sens anémique.
Je suis fiévreuse, chancelante, confuse.
Depuis des semaines.
Est-ce que j'ai une mono, le VIH?
Juste un peu d'hypocondrie.
Et toi.
Je ne suis même plus capable de pleurer.
J'ai trop honte.
Je voudrais te vomir pour que t'arrêtes de me faire mal au coeur.
Je suis tannée d'être ridicule.
Je ne veux plus te voir,
te parler,
t'écrire.
Je vais me sauver si t'avances encore.
Je veux avoir du fun.
Je veux me démaquiller et me sentir belle.


Je te veux tellement.
Je me contenterais de te regarder avec elle.

Expozine


Keenan a tellement de talent que je suis toujours un peu émue quand je vois ses dessins. Je lui ai dit que je lui achèterais toute sa collection si je pouvais. Ce que Keenan fait, c'est extra-ordinaire. Il fait tout avec ses belles mains d'artistes. Même les reliures. On dit que la couverture d'un de ses livres est faite du manteau de cuir d'un de ses amis disparus. La renarde de Griffintown, la pieuvre qui fait du squeegee... Il m'a dit va voir pro-can, le film s'en vient.

www.pro-can.org

samedi 16 novembre 2013

Le policier et l'anarchiste

Tu pourrais me menotter et je résisterais à mon arrestation...
Une fois, ma grand-mère paternelle, la bourgeoise, elle m'a dit qu'Yves Montand et elle étaient amants. Mais mon grand-père jouait si bien du piano qu'il l'avait gagnée. Mais tout le monde a été la maîtresse d'Yves Montand, c'est comme quand je raconte que j'ai couché avec Éric Lapointe. C'est ordinaire.

On regardait les films d'Abbott et Costello à TQS l'après-midi et elle me parlait de son temps. De quand elle a vu Piaf. Elle me montrait de l'argent américain et m'expliquait qu'on était riche, on avait des terrains en Floride, mais mon grand-père s'était fait avoir et Disney World était construit sur nos terres. On n'était plus riche. Mais on l'avait été et un beau jour, elle allait gagner au casino pour nous amener à Disney World.

Elle me montrait ses vieilles robes, elle bouclait mes cheveux et me disait que quand je serais une chanteuse, faudrait que j'arrête de manger des bonbons. Elle me disait ça en me donnant une tablette de chocolat. Sa chanson c'était les roses de picardie. Moi je préfère les feuilles mortes.


vendredi 15 novembre 2013

Je suis même pas grande

J'ai jamais reçu de lettre d'amour, mais je reçois des fois, des petits messages gentils avec un poème de Kipling ou une chanson de Metallica. "T'écouteras ça la grande."


Quand un garçon m'envoie de la musique, je me sens spéciale.

La bécane rouge

À côté du parc Morgan, il y avait une bicyclette rouge attachée à un poteau de gaz Métropolitain sur la Catherine. Pendant des mois. Les roues ont été volées. Juste la structure de métal qui restait là et rouillait tranquillement. Quelqu'un ou quelque chose l'a tordue et ça ne ressemblait plus trop à une bicyclette. Un restaurant beaucoup trop chic a ouvert juste là. Ils ont appelé ça, La bécane rouge. C'était avant le Presse Café sur la rue Pie-IX, le building de l'American can co était même pas encore rénové, avant le 7e sur la rue Chambly et avant qu'on apprenne le mot embourgeoisement. C'est fatiguant de souffrir de quelque chose que tu peux même pas nommer.

Le soir sur la Catherine, la bécane, c'était souvent sur notre chemin. À chaque fois fallait se faire remarquer. Taper dans les fenêtres, mimer des affaires louches, roter, les envoyer chier et crier des trucs sympathiques comme Mort aux bourgeois. On grafignait leur char. On voulait s'assurer que les bourgeois décâlissent et on voulait leur faire peur. Les écoeurer.

Mais les bourgeois sont pas partis. Sont revenus avec des amis.

Dans ce temps-là la biscuiterie Viau pis Hershey, ça roulait. On fabriquait des choses ici. On était fier. Et on s'est mis à fermer les usines pour fabriquer des beaux condos à nos bourgeois. On leur ouvre des beaux restaurants, on les accommode. Ils sont fiers. Hochelaga, ça commence à être bien. Ça grouille. Hochelaga c'est rendu la place. Pis nos conditions de vie à nous autres, continuent de se détériorer.

N'empêche, la Bécane c'était un bon resto.

Moisson

La drogue qu'on vend, faut la tester. Comme ça c'est éthique.

jeudi 14 novembre 2013

Je t'attends

Je t'attends encore.
Les pieds dans les feuilles.
Le soleil couché.
Ça fait de la petite boucane
quand je parle.
Je me fais un devoir d'user,
notre nouveau parc tout neuf.
J'ai gagné contre moi-même
aux échecs.
Je suis fière de n'importe quoi.
J'ai la tête dure, je t'attends.
Mes cheveux seront gris
et les tiens seront blancs.
Je t'attendrai toujours.
Je suis comme ça tu sais
quand j'attends quelqu'un,
il finit par revenir.
J'ai choisi ma maison.
Quand je veux un travail
je l'ai.
Quand je veux faire de la politique
j'en fais.
Quand je décide d'écrire un livre
il est publié.
Moi, mes rêves se réalisent.
Alors je t'attends.



J'ai mis ma culotte brésilienne mauve
celle en dentelle,
sous mes collants roses
et transparents.
J'ai vraiment pas fait exprès.
Mais quand je me suis relevée
j'ai compris.
Ce que tu as vu.
Tu essayais de ne pas sourire.
Tu voulais finir d'éplucher les comptes
sur ton lit.
Ça me dérange pas.
C'est le même prix, je charge à l'heure.
C'est toi qui paies.
On peut faire ça en dessous de la table si tu veux.
Cash, pas de facture.

mercredi 13 novembre 2013

The million dollar quartet; C'est bien de leur pénis dont on parle ici, non?

Elvis pis Johnny Lee lewis avec Johnny Cash pis Carl Perkins quand ça chante Just a little talk with MY jesus, moi je pense qu'ils parlent de leur pénis.

Ok, c'est niaiseux.

Non mais c'est pas facile dans vie quand tu vois pis t'entends des pénis partout, je souhaite ça à personne. Sérieux.




T'en fais pas, c'est normal si tu comprends pas

C'est moi qui est fuckée.
Ouais ben je sais pus trop quoi faire pour m'empêcher de faire des conneries. J'envisage de me rendre au poste de quartier pour qu'on me garde en détention préventive. Si tu voulais m'attacher les mains. Des fois les contraintes ça rassure, même les anarchistes comme moi.

Je ne veux plus dormir

Il fallait que je rêve de toi.
Que j'entende ta musique à la radio.
Toutes ces chansons qui nous appartiennent.
J'ai compris.
Il ne peut pas être trop tard
quand le temps n'existe pas.
Et je tremble tellement que j'arrive pas à compter
sur mes doigts
avec le décalage
est-ce que tu dors encore?
Je veux pas te réveiller dans les bras de quelqu'un d'autre.
Je vais l'entendre dans ta voix
et ça va juste me faire pleurer plus fort.

Mon amour si tu savais
depuis trois jours tout ce que j'ai fait.
Parce que t'es loin.
Trop occupé pour m'écrire.
Parce que j'imagine que tu fais pire.

Mon amour reviens.
J'ai pus une cenne,
j'accumule les conneries
Mon amour, j'ai trop de peine.
Faut bien que j'économise.
Je vais m'en faire un manteau.
Si je choisis pas de m'ouvrir les veines
et de saigner sur ton lit.


Mon amour, je veux pas mourir.
Toutes les tentatives échouent
je ne sais pas survivre
seule.
J'ai plein d'autres qualités.
Je suis quelqu'un de bien quand même,
je crois.
J'ai vraiment essayé de grandir.
Je vais rester petite.
Il faut que je pose ma tête sur ton ventre.
T'écouter respirer.

Je m'ennuie de ta peau.
Je m'ennuie de ta queue dans ma main
dans ma bouche
dans mon cul.
Les autres sont pas bons.
Les autres savent pas.
Ça goûte comme la marque la moins chère.
Comme les gâteaux qu'on achète à l'épicerie.
Pas mon premier choix.
Toi.
Tu es le premier.
Tu es le premier choix de trop de filles, c'est ça mon problème.

Mon amour pourquoi, tu ne me tues pas
tout simplement.

mardi 12 novembre 2013

À chaque fois je me sens coupable et je souhaite faire mieux, mais je ne peux imaginer que ce soit autrement. À chaque fois je me pose la question. Est-ce que je devrais arrêter d'écrire? C'est du suicide. Je comprends même pas qu'on puisse penser ça de moi. Qu'on ne fasse pas la différence. Et c'est à moi d'assumer.

Je pense pas que t'as de la peine. Je pense que tu t'es senti pas respecté. C'est tellement plus grave. C'est pas un réflexe orgueilleux. C'est ma faute. J'ai tellement pas voulu ça. Je te trouvais trop beau et trop grand. Je ne supporte pas la censure. Je peux pas arrêter de créer parce que ça pourrait mettre une mère mal à l'aise, faire passer un père pour un trou de cul, ni pour épargner un mari qui a déjà retiré son alliance et est disparu pendant deux jours après m'avoir lue. Je peux pas arrêter de respirer.

Ça veut pas dire que c'est pas difficile des fois d'assumer ça. Ça veut pas dire que je me trompe pas. Ça veut pas dire que j'ai pas envie de mourir quand je manque de respect à quelqu'un qui n'a rien demandé.

Maintenant tu sais pourquoi je suis gentille et que je fais du bénévolat, c'est juste pour rééquilibrer mon karma de petite bourge égoïste.
Toi tu savais manger une femme.
T'étais con et effronté.
Tu manquais de classe.
T'étais pas toujours propre.
Mais tu savais manger une femme.

Tu avais faim.
Tu me faisais entrer dans ta bouche,
tu étais bruyant.
Tu me faisais mal aussi
tellement t'étais rough.

Mais tu t'arrêtais pas.
T'arrêtais pas pour respirer
tu lichais, tu suçais.
Tu changeais de sens,
mais tu t'arrêtais jamais

Toi tu savais manger une femme.
Avec ta gueule de
jeune premier
tes hosties de yeux
Tes doigts fins, longs.

Ça fait drôle de te revoir
avec moins de cheveux
le siège de bébé dans l'auto
Ton mari parce que t'es rendu guay.
Je t'écoute pas me raconter
ce qui se passe dans ta vie.
Me souviens juste que jadis
toi, tu savais manger une femme.

lundi 11 novembre 2013

Un gars qui sait pas encore qu'il va se faire dévorrer

-C'est où ça?
-Près de Châteauguay.
-Comme ça tu vas pouvoir me jetter dans un fossé après m'avoir bien évicérrée comme un p'tit cochon. Ça me fait peur la campagne...
-J'éviscère  pus le monde. J'ai des nouvelles pilules.
-10 points pour ton sens de l'humour!
-C'est trop je suis ému.